L'oeil de l'éléphant

C'est l'histoire d'un expat'...

16:30, 14/01/2012, Kigali .. 0 commentaires .. Lien
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 Il vit loin, très loin de chez lui, sa famille, ses amis, son amour, tous sont à plusieurs milliers de kilomètres de là où il se trouve et il ne peut s'en prendre qu'à lui. La question n'est pas vraiment là, il s'agit plutôt de voir comment il compose avec tout ça, comment il compense.

C'est très simple, quand on est loin de chez soi, soit on déprime, soit un se recréé un petit coin douillet. Nous passons tous par cette phase, en tout cas au moins une fois dans notre vie. À partir du moment où nous partons de chez nos parents il y a toujours une petite fracture, c'est un des moments où l'on commence à se sentir adulte, grand. Oh il y en a bien d'autres dans la vie, moi par exemple, je crois qu'un des moments où j'ai quitté l'enfance c'est quand j'ai arrêté de manger des céréales avec du lait au petit déjeuner, j'ai basculé de l'autre côté, je suis passé au café/thé avec tartines et confiture. Ça m'a foutu un coup quand je l'ai réalisé. J'étais devenu un grand, définitivement un grand, un grand pour toujours.

Il y a des moments comme ceux là qui passent en douceur et il y a les plus violents, émotionnellement je veux dire. La première fois où j'ai mangé seul, devant un mur tout blanc, sans musique, sans télévision, sans ordinateur, juste moi, mon plat et... c'est tout. On mange seul, on s'entend mâcher, on s'entend soupirer, on se voit seul faire la vaisselle... Ça fait partie des moments de solitude, je crois que c'est vraiment ça. Être adulte c'est aussi être seul, on est responsable, on est indépendant, on est libre mais on est quand même vachement seul.

Quand on est adulte, on a le droit d'être en couple c'est très beau mais ça cache aussi la solitude et le plaisir d'être avec soi. Je pense qu'avant d'avoir une vie à deux épanouie, il faut d'abord savoir s'entendre avec soi même. Savoir se supporter, notamment quand on est devant un mur blanc, face à un plat de pâtes avec seulement de la sauce tomate et pour seul accompagnement musical, le délicieux bruit des voisins qui parlent un peu trop fort. Seul, on a vite fait le tour de la conversation et c'est là que ce joue l'enjeu de l'âge adulte. Être responsable de s'entendre avec soi.

Je m'éloigne un peu de mon sujet car aujourd'hui je voulais parler de jardinage, « mais quel est le rapport ? ». C'est très simple, aujourd'hui je suis devenu un peu plus grand.

Pour recréer mon fameux chez moi j'ai décidé d'innover par rapport à tous les chez moi que j'ai connu. Il faut dire que c'est la première fois depuis des années que je vis avec un jardin. En fait ça fait dix ans et quand j'avais l'âge que j'avais (oui oui) je n'étais pas très intéressé par les capacités gardéniales (hum), gardéniennes (?), je m'explique.

Entrée du salon au centre et la plante suspendue

Quelques jours après mon arrivée à Kigali, j'ai décidé de m'occuper un peu de cultiver ma propre nourriture et d'agrémenter mon espace vital de quelques jolies plantes par ci, et par là. Ca m'a pris un petit moment de : -me décider à regarder le jardin sous l'angle d'un cultivateur, -acheter des graines, -acheter des outils, -désigner un endroit pour le potager, -trouver une pépinière, -attendre que les travaux dans la concession soient terminés et enfin, -m'y mettre. Donc tout cela a pris deux petits mois et c'est ce matin que je m'y suis mis

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la partie qui reste à aménager

Par chance je n'étais pas tout seul dans l'affaire, avec mon futur coloc nous avions déjà achetés deux plantes à mettre en pot : un ficus benjamina (celui que tout le monde connaît en fait) et un arecaceae (un palmier tout simple). Donc avec mon ami John, on est allé dans une belle pépinière et on s'est choisi une belle plante à suspendre (ça vous avance hein... je retrouverai le nom) et quatre plans d'une plante grimpante. Tout ce qu'on a pris fait des fleurs. Bon j'arrête avec des descriptions qui n'en sont pas vraiment et je passe dans le vif du sujet.

En tant qu'apprentis-jardiniers nous avons décidés d'aménager le jardin en essayant d'avoir du goût. La première chose à laquelle nous nous sommes attelés c'est de visiter le jardin en tant que paysagiste et nous avons décidé de faire un premier espace de plantes grasses pour faire un peu aride. Donc nous sommes allés à la chasse au cactus (qui pousse sauvagement ici), au bambou (nous n'avons pas pu obtenir un pied potable), à l'aloès et aux pierres (aridité oblige). Quelques ampoules et cloques plus tard nous savourons une bonne Mutzig (bière) devant le travail accompli. Il reste encore beaucoup à faire, il n'y a plus qu'à s'occuper des 90 % du reste du jardin, sans compter le potager (qu'il ne fasse pas le malin celui là, c'est le prochain sur la liste). En attendant que nos mains guérissent nous allons intellectualiser tout ça. Alors si vous avez des petites idées de déco, nous sommes preneurs ; bassin de poissons ou fontaine sont à écarter.

Donc voilà, aujourd'hui je suis devenu un peu plus adulte. Je suis maintenant suffisamment grand pour m'occuper de plantes ; Vivement l'étape suivante !! 

ps : je voulais mettre la photo de notre espace aride mais elle ne veut pas charger, j'en entends déjà qui vont dire que nous n'avons rien fait.




Noël en tongs

23:09, 29/12/2011, Kibuye .. 0 commentaires .. Lien
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Il y a eu un petit silence de ma part pour deux raisons. La première c'est que depuis début décembre j'ai de la visite et que je n'ai pas pris le temps d'écrire pour que l'on passe le plus de temps ensemble. La deuxième c'est qu'à dire vrai je suis un petit peu inhibé sur les sujets que je pourrais explorer. J'ai une très grande crainte de ce que je pourrais dire, un petit peu de paranoïa et j'ai besoin de prendre beaucoup de pincettes et de recul sur les sujets que je souhaite aborder. De deux façons, la première concerne bien évidemment l'histoire récente de ce pays. Quand on pense au Rwanda, on pense forcément au Génocide et il est important que cela ne soit pas le seul prisme par lequel on observe ce pays. J'y reviendrai plus tard. La seconde m'est plus particulière, en effet après deux ans passés en République centrafricaine je m'efforce d'avoir un œil neuf sur la vie que je découvre ici au Rwanda. L'objectif de ce blog est de parler de moi bien entendu mais aussi d'essayer de faire découvrir les endroits que je visite en essayant d'être objectif, en évitant les généralités, les clichés et les maladresses sur les cultures que je découvre. Je ne veux pas essayer de comparer à tout prix le Rwanda et le Centrafrique donc... là encore, wait and see...


Bon tout ça pour dire quand même que j'ai souhaité prendre du temps avant d'écrire sur la vie, la ville et mes découvertes au Rwanda. Mais je pense que maintenant que cela fait un mois et demi que je suis arrivé, que j'ai déjà passé un peu de temps en dehors de Kigali je vais pouvoir partager un peu plus librement mes impressions.

Cela commence donc avec la fête de Noël. Quitte à ne pas passer Noël dans le froid et dans les lainages et comme j'avais passé mes Noëls 2009 et 2010 au bord de l'eau, de la Lobaye plus exactement ; je me suis dit que ce serait pas mal de continuer à faire la nique à tous ceux qui sont dans le givre et sous la neige. C'est pourquoi nous sommes partis à quatre au bord du Lac Kivu. Ce lac immense et méromictique (hé hé hé, oh oh oh) qui fait partie de la Région des Grands Lacs sert de frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo sur les neuf/dixième de la frontière ouest.

Ce samedi 24 décembre ma visiteuse et moi nous sommes levés vers 6 heures afin d'être à la gare routière vers 7h30. Quelle ne fut pas ma surprise quand, ouvrant les rideaux, nous vîmes un brouillard à couper au couteau juste devant nos fenêtres. Il ressemble en tous points à un beau brouillard de montagne (je rappelle que Kigali est situé à 1 500 mètres d'altitude), le genre de ceux qui s'éternisent au fond des vallées et qu'à partir du moment où l'on commence à grimper on voit un immense ciel bleu. C'est presque ce que nous avons eu, presque car quelques kilomètres à peine s'être mis en route en minibus, le soleil a fini par percer vraiment et le brouillard s'est dissipé. Je n'ai donc pas vraiment pu profiter de cette position envieuse que l'on peut avoir lorsque nous sommes au sommet d'une colline et que l'on regarde de façon narquoise les pauvres gens vivant dans la vallée juste en dessous de nous, complètement embrumés.

La route entre Kibuye et Kigali est une belle route de montagne. Ça monte, ça tourne à gauche, la roche est proche, ça descend, on vomit, on tourne à droite, le vide est juste sous les roues, on double sans visibilité, on klaxon, on a une belle frayeur et finalement on arrive après trois heures qui sont passées plutôt vite tellement le paysage est magnifique. Des collines partout, tout le temps, des grandes, des petites, des vallées, des vallons, des ruisseaux, des torrents, des rivières, des ponts, des rigoles, des petits chemins et une seule route. Une seule route qui traverse ou contourne le relief. Ce relief est absolument tout le temps vert, il est quadrillé par les parcelles cultivées mais tout cela reste vert. Dans ce paysage, une seule autre couleur tranche avec le reste, c'est la couleur des chemins parcourus à longueur de journée et qui a fait disparaître le vert de l'herbe, la couleur terre vire sur le rouge, l'autre frontière brune est créée par les cours d'eau chargés de boue. Dans les creux entre toutes les collines on peu s'amuser à les chercher à travers les réseaux des parcelles de maïs irriguées. C'est fascinant, la totalité de la vue jusqu'à Kibuye est ainsi : parcellée au carré et nivelée à la tôle ondulée par un homme complètement ivre.

 


PS : article austère sans photos ? mais non, il suffit de cliquer ici




Un bref aperçu du Burundi.

18:05, 27/11/2011, Nyanza-Lac .. 0 commentaires .. Lien
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Une fois la frontière passée sans encombre nous avons enfin commencé à rencontrer ces collines si renommées. C'est donc avec avidité que j'avais les yeux rivés à travers les vitres du car, première réflexion hautement philosophique, ce n'est pas parce que l'on a passé une frontière que l'on change forcément d'environnement, enfin dans un premier temps. Le Burundi et le Rwanda sont qualifié de pays-jumeaux, autant le paysage n'est pas très différent de l'un à l'autre autant les capitales le sont énormément. Bujumbura ressemble plus à ce que j'ai pu rencontrer à Bangui ou à Cotonou, enfin plutôt Bangui. Concernant l'aspect de Kigali j'en parlerai prochainement.

Buja, de son petit nom, est une ville à la circulation assez anarchique, la plupart des voitures ont le volant à droite tandis que la conduite se fait elle aussi à droite. Et cela, c'est déjà assez particulier mais cela se rencontre finalement assez souvent à Kigali aussi. Les rues manquent de trottoir et seules les rues principales sont goudronnées. Je n'en parlerai pas trop non plus car nous n'avons pas eu le temps de nous attarder à Buja. Juste le temps d'arriver vers 16h30, de passer voir notre responsable en plein centre ville, de rencontrer nos camarades volontaires et nous filions nous sustenter de brochettes et nous rafraîchir de bière (froide ou chaude ?). Une bonne petite soirée à discuter de nos expériences mutuelles et voilà déjà l'heure du repos, car demain départ pour Saga-Nyanza.

En piètre touriste je n'ai même pas jeter un coup d'oeil sur une carte géographique du Burundi. Je savais (puisque je l'avais vu des collines) que Bujumbura est située au bord d'un lac, au moins je connaissais le nom, le lac Tanganiyka. Autant le dire officiellement je ne savais pas tu tout où je me trouvais et Saga-Nyanza me paraissait loin, très loin à l'est. Complètement faux c'est à mon retour que j'ai découvert que le lac sert de frontière est avec la RDC et qui file plein sud vers la Tanzanie d'où Saga-Nyanza n'est qu'à quelques kilomètres de cette frontière là.

 Vu de la salle de formation de Saga-Nyanza

Donc Saga-Nyanza est un petit complexe hôtelier avec des chambres bien équipées, une superbe vue sur les collines congolaises et un très bel accès au lac. L'eau y est merveilleusement claire et en fonction du soleil, l'ambiance change très rapidement donnant l'impression de voyager à travers les latitudes. Mais il n'y avait pas que la couleur de l'eau qui forçait le voyage mais aussi ses tourments. Le soir, le vent se lève et il y a une sorte de ressac qui s'installe et qui donne l'impression d'être au bord de la mer. J'ai trouvé le sommeil encore plus facilement que d'habitude ne me laissant transporter par ce bruit. En fin d'après-midi, après que le soleil est tapé toute la journée, l'air chaud emmagasiné par la terre provoque des changements et des déplacements d'air chaud. C'est dans ces moments où le vent se lève et provoque les vagues. Lorsque je me suis baigné à ces moments là j'ai été dans des creux de près d'un mètre !!! Bon j'exagère peut être un peu mais c'était très agréable et quand même impressionnant pour un lac, moi qui vient d'Annecy, les seules vagues que je rencontrais étaient provoquées par les hors-bord. A propos de baignade, je crois que je me suis rarement senti aussi bien. L'eau n'était ni fraîche, ni chaude, juste parfaite. Aucun problème pour y rentrer et surtout aucune envie d'en sortir... Entre deux séances de formation nous courrions profiter des quinze minutes de pause pour se jeter dans l'eau et profiter à fond.

 

Voilà pour Saga-Nyanza, autour il y avait les collines submergées (vraiment) de bananiers. Je n'en ai jamais vu autant, je ne suis pas sur qu'ils soient vraiment cultivés, cela donnait l'impression d'une foret pas très dense mais omniprésente. Je crois que c'est en cela que le Rwanda diffère, il m'a semblé apercevoir des cultures beaucoup plus entretenues et des parcelles quadrillées. Sur toute la route entre Bujumbura et Saga-Nyanza nous avons quand même rencontré des palmeraies extrêmement denses. Une foret de palmiers c'est quand même bien impressionnant, on y cultive, vous vous en doutez, les noix pour leurs extraire l'huile de palme.

 

Pour résumer je suis très content d'avoir pu parcourir (même rapidement) ce beau pays et je mesure petit à petit les différences entre le Rwanda et le Burundi, pays frères mais pas jumeaux.

 

 

Toujours les photos ici : http://www.flickr.com/photos/sincamile85/sets/72157628080831419/

 




Départ du Rwanda (quoi déjà ?)

20:17, 24/11/2011, Kigali .. 1 commentaires .. Lien
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Voilà désormais quinze jours exactement que j'ai posé le sol dans cette partie de l'Afrique centrale et ce n'est que mon deuxième article. J'avoue j'ai quand même été assez pris. C'est justement le sujet de cet article.

 

Juste avant, je vais m'expliquer sur le changement du titre du blog. Après avoir été centrafricain il aurait été logique que je sois rwandais, ou du coup africain. C'est idiot mais je trouvais que ça ne sonnait pas tout à fait bien alors j'ai switché. L'idée est assez simple en fait, on dit que le continent africain ressemble au profil d'un éléphant. Les pays bordant le golfe du Guinée serait l'oreille et le bout de l'Afrique-du-Sud serait le bout de sa trompe, après c'est à vous de travailler. Du coup l'œil de l'éléphant... et bien... à vous de voir pourquoi j'ai choisi ça...

 

Reprenons, j'ai donc été occupé car une réunion de travail m'attendait au Burundi, à Saga-Nyanza plus précisément. Je ne parlerai pas ici du contenu, ce n'est ni l'adresse, ni le lien... (ok, la blague est naze). Donc c'est très simple pour aller au Burundi c'est exactement comme pour aller dans n'importe quel pays du monde. La première des choses à faire c'est de faire une demande de visa. Et là bonne surprise, nous devons rester cinq jours, le visa le plus court est de trois jours, donc 30 $, heureusement ce n'est pas 10 $ dollars la journée, mais le visa suivant c'est 30 jours et c'est 90 $ !! Donc nous voilà arrivé à l'Ambassade du Burundi avec obligation de payer en dollars, et pas en Francs rwandais. Nous voilà donc, mon compère John (pour respecter son anonymat on l’appellera ainsi tout au long du blog, pourquoi John ? Bah parce que c'est plus facile à retenir que Clément... ah zut!!).

Donc John et moi partions à la recherche d'un bureau de change pour choper des dollars, c'était ma première fois et ça s'est très bien passé et y a rien à faire mais ces billets sont quand même vachement classe, notamment les petits billets « Benjamin Franklin ». Donc une fois les 90 $ (le signe aussi est pas mal non plus) en poche nous retournons à l'Ambassade du Burundi.

Petite digression pour vous dire que c'est un beau bâtiment, une belle villa de trois étages avec un jardin nickel, où il n'y a pas une herbe qui n'est pas à sa place et où les bosquets de fleurs peuvent rivaliser avec des feux d'artifices tellement ils sont colorés et que les différentes variétés se battent pour sortir du lot. Vraiment très beau mais je pense que vous comprenez pourquoi je ne les ai pas pris en photos, bâtiment officiel oblige.

Bref, retour aux visas, à part le fait que nous avons laissés des photos d'identités (qu'on avait oublié à la base), nous avons pu les récupérer dès le lendemain et ça c'était bien sympa. Ensuite, il a fallu s'occuper des billets de car pour rejoindre Bujumbura. Cette partie là était un vrai changement par rapport au Centrafrique car les cars qui faisaient les liaisons entre les différentes villes n'ont été mis en service qu'au cours de ma seconde année de mission, et comme ils étaient toujours surpeuplés j'avoue que je n'ai pas voulu les tester. Ici, c'est bien réglementé et le service est opérationnel. Pas plus d'une personne par siège et pas de bagages sur le toit, malgré ça le voyage était quand même bien sympa car après une toute petite heure de trajet (même pas) nous voilà en panne.

Nous roulions tranquillement, avec le bus qui penche légèrement (trop) dans les virages, la boîte de vitesse qui grince énormément, et des montées qui se montent à fond de deuxième, quand un bruit strident sort du moteur. Plus le bruit perdait d'intensité, plus on avait l'impression que le moteur se dégonflait, sensation assez étrange. Le chauffeur serein, freine le véhicule, descend de son siège et du véhicule et ouvre le capot. Il semble chercher quelque chose et semble surtout ne pas le trouver. Qu'à cela ne tienne, il quitte son poste d'observation et continue la montée tout seul... dans le car personne ne s'affole et un à un nous descendons et allons nous dégourdir les jambes. Pendant ce temps, le chauffeur continue de marcher sur la route et disparaît au premier virage... Avec John, on s'est demandé ce qu'il faisait jusqu'à ce qu'on le voit de loin, déposer des branches sur la route... Ah bah oui... ça vaut le coup d'avertir les autres usagers qu'il y a un car en panne en haut d'une côte et surtout en sortie de virage... heureusement qu'il y en a qui ont un cerveau. En redescendant il a passé un coup de téléphone pour avertir la compagnie de car que nous étions en panne, à partir de là, on savait qu'on en avait donc à peu près pour une heure.

Finalement il a trifouillé un peu sous le capot et à finit par sortir une petite trompette en métal argenté, bien brillante... Non... il déconne... le problème c'est pas le klaxon... et finalement, après une heure d'attente en plein soleil... Le mécanicien arrive, regarde sous le capot, retourne à sa voiture, prends un tube de colle, retourne vers le moteur, mets la main dans le cambouis (enfin pas vraiment), tire violemment et jette ce qu'il a en main dans le fossé... L'objet du délit ? Une sorte de compresseur qui permet à l'air de circuler vers... le klaxon !!! Nous sommes restés une heure en plein cagnard pour un problème de klaxon !!! C'était génial !! On était mort de rire avec John (ah sacré John). Et puis on est reparti... tranquillement nous avons atteint la frontière et jusque là... rien à dire...

 

Dans le prochain épisode, le voyage au Burundi !! Et comme dans les mauvaises séries, vous pourrez avoir un avant-goût de ce que l'on a véçu John et moi en cliquant ici.

 

Une plaine, un cours d'eau, des collines, le Rwanda




Depuis l'autre côté du monde

12:20, 12/11/2011, Kigali .. 3 commentaires .. Lien
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Il paraît que j'ai la tête en bas... J'avoue que c'est difficile de le réaliser, il paraît que l'eau s'évacue dans le sens inverse des aiguilles d'une montre, c'est difficile de le réaliser mais j'ai fait l'expérience et il semblerait que l'on ne nous ai pas menti, il paraît que l'on voit l'autre côté du ciel stellaire (c'est pas très français), c'est difficile de le réaliser. Alors s'il y a quelqu'un qui sait à quoi ressemble la croix du sud (et où elle se trouve) qu'il veuille bien m'en tenir informé.

 

Ce que je sais par contre c'est que vu du ciel cette partie de l'Afrique est admirable. Le vol entre Paris et Addis Abeba (capitale de l'Ethiopie) s'est fait de nuit alors j'ai pas vu grand chose. Grâce à l'escale à Entebbe (ancienne capitale de l'Ouganda) j'ai pu voir mes premières images de cette Afrique centrale de l'est, ou Afrique de l'est centrale, comme vous voulez. Quoi qu'il en soit, elle est montagneuse et verdoyante. Comme Entebbe se trouve au bord du lac Victoria j'ai pu voir un paysage magnifique et même en hauteur les rives tanzaniennes du lac Victoria me paraissaient bien lointaines.

A peine le temps de s'élever au dessus des nuages que l'avion a amorcé son atterrissage vers Kigali. Vu d'en haut c'était déjà magnifique, le tout était vert, très vert, un vert sombre, riche et chaleureux. La terre était presque noire, tellement elle était marron. D'en haut les collines n'étaient pas faciles à repérer. Les routes et les rivières donnent une impression de désordre magnifique à cette vision. Comme ceux-ci suivent le dénivelé, leur allure tranche avec celle bien ordonnée des champs cultivés et des chenaux d'irrigation.

A l'aéroport tout s'est bien passé ; atterrissage, passage de douane, récupération des bagages et accueil par deux de mes collègues. La température sans être fraîche est douce et depuis que je suis arrivé il fait plutôt nuageux. Là, le temps se couvre, la pluie approche et grise la colline d'en face. Je pense que le rideau de pluie va m'empêcher d'aller faire mes premières courses cet après-midi.

vu du jardin depuis ma chambre

Kyovu... Remera... Kybuye... Kimironko... Cyangugu... Kimisagara... Byumba... Kacyiru... Butare... Ca me fait un petit effet auberge espagnole cette affaire... Des tas de noms qui s'invitent dans mon esprit et qui s'accrochent, qui se chantent, qui se mélangent et qui bientôt auront chacun une histoire précise.

En attendant c'est confus mais ça commence à prendre du sens. KYOVU, le « u » se prononce « ou ». Donc Kyovu, c'est l'endroit où j'habite. C'est une maison blanche plantée sur la colline, bon ok, elle n'est pas tout en haut mais on y a un beau panorama sur la colline d'en face. J'y ai une petite chambre où il n'y a pas beaucoup de rangement, un lit une place, un bureau et une grande salle de douche et toilettes. Ce qui est sur c'est que je n'y resterai pas longtemps car dans deux mois, soit je change de chambre (il y en a quatre dans la maison, toutes occupées pour le moment) soit je change de maison où j'irai près du nouvel Institut français. On verra bien.

Ma chambre à mon arrivée. Sur la gauche et qu'on ne voit pas, il y a un bureau

Quoi qu'il en soit, il y a une petite terrasse qui permet de se mettre à l'air libre mais pas au soleil, il y a un petit jardin qui est bien entretenu mais qu'on ne peut pas vraiment investir. A l'heure où j'écris (12h42) il n'y a pas d'ombre du tout malgré les grands arbres alentours. Si j'y reste, j’accommoderai un peu tout ça pour en profiter un maximum, j'aimerai bien me faire un petit potager par exemple, bref... on verra.

 

Je sens que je vais être bien ici.

 




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