L'oeil de l'éléphant

Puisqu'il faut bien mettre les pieds dans le plat

15:47, 14/06/2010, République Centrafricaine .. 0 commentaires .. Lien
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La République Centrafricaine est indépendante depuis 1960. A l'instar de 14 autres anciens pays colonisés par la France, cette année 2010 marque le cinquantenaire des indépendances. Forcément 50 ans c'est beau !! Alors pourquoi ne pas faire un bilan ?

Allez, je la fais courte...

Barthélémy Boganda était député à l'assemblée et représentait donc l'Oubangui-Chari. Ce prêtre de formation était un visionnaire puisqu'il voulait créer les Etats-Unis d'Afrique. La Centrafrique est l'héritière de ce beau projet. Un professeur d'Histoire de l'Université de Bangui m'a dit que les couleurs du drapeau représentaient chacune un pays :

-Bleu = Congo Brazzaville pour la mer

-Blanc = Tchad pour le coton

-Vert = Gabon pour les forêts

-Jaune = RCA pour l’or

-Rouge = sang de nos grands parents

-L'étoile symbolisant quant à elle le chemin à suivre pour évoluer.

Donc un beau projet avec de belles paroles aussi, puisqu'il a défini les devoirs fondamentaux de l'Etat qui sont : nourrir, vêtir, soigner, loger et instruire. Il est l'homme du Zo kwe Zo (en sango dans le texte) qui veut dire en gros qu'un homme en vaut en autre. Il proclame la République Centrafricaine le 1er décembre 1958. Dans les faits c'est plutôt prometteur, sauf qu'il meurt dans un accident d'avion le 29 mars 1959, un jour de Pâques.

Les présidents se suivent et ont tous plus ou moins un lien les uns entre les autres. David Dacko est un cousin de Boganda. Il est renversé le 1er janvier 1966 par Jean-Bedel Bokassa qui finira par s'autoproclamer Empereur et 13ème apôtre le 4 décembre 1976 sous le nom de Bokassa 1er. A noter que Bokassa était également de la famille de Boganda. La France finit par l'écarter du pouvoir alors qu'il était en voyage hors de son pays et rétabli David Dacko.

Pendant deux ans il dirige le pays qui s'enfonce dans la violence, il finit par démissionner, il est remplacé par son chef d'Etat-Major aux Armées, André Kolingba. De 1981 à 1991 ce dernier est à la tête d'une dictature militaire. Il autorise finalement le multipartisme et perd les élections face à Ange-Félix Patassé en 1993. Voilà le premier président élu de la République Centrafricaine. Patassé est considéré comme immortel et invincible. Il a été plusieurs fois ministre sous Bokassa, candidat malheureux à la présidence à plusieurs reprises il est réélu en 1999. Il ne termine pas son deuxième mandat puisqu'après quelques coups d'Etats, il est renversé par son ancien ami François Bozizé le 15 mars 2003 : « le sursaut patriotique ».

François Bozizé était général de Brigade sous Bokassa, il a tenté un coup d'Etat avec Ange-Félix Patassé contre André Kolingba, il a essayer de maintenir le pays dans le calme lors des mutineries de 1996 et 1997 sous les ordres de Patassé. Il tente un coup d'Etat en 2001, part en rébellion et finalement prend le pouvoir en 2003. Il est élu démocratiquement président de la VI république centrafricaine le 11 juin 2005 pour un mandat de 5 ans.

L'histoire récente du pays est très mouvementée, pour ceux qui ont fait attention le mandat du président Bozizé a pris fin ce vendredi 11 juin 2010 à minuit. Mais bon, ça va... Il est toujours président car l'assemblée nationale a voté au mois de mai la prolongation de son mandat jusqu'à ce que la CEI (commission électorale indépendante) organise des élections. Pour résumer encore un peu, cette commission est chargée de faire les listes électorales, le problème c'est qu'il n'est pas possible d'aller dans toutes les régions du pays car des rebelles s'y trouvent (8 régions sur 14 ne sont pas pacifiées entièrement). Pour que l'Etat retrouve son Droit, il y a un processus en cours qui s'appelle DDR (Désarmement, Démobilisation, Réinsertion) des anciens rebelles. Cette affaire là est carrément au point mort, le gouvernement semblerait ne pas jouer le jeu. Entre-temps, le Général-Président déclare sur RFI qu'il laissera le pouvoir si c'est ce qui ressort des élections. Aujourd'hui les élections ne sont pas à l'ordre du jour, d'autres affaires occupent locales occupent les centrafricains.

Être loin de la France fait écho à tous les soubresauts qu'à pu connaître notre pays, ô combien la route fut longue et combien nous avons énormément de chance d'être né dans un pays comme celui-là. Il est loin d'être parfait mais comme le disait Winston Churchill, « la démocratie est le pire des régimes, à l'exception de tous les autres ».

 

 

 


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