L'oeil de l'éléphant

C'est le début d'une Histoire

01:59, 23/09/2010, République Centrafricaine .. 0 commentaires .. Lien
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Mais je déchirerai le rire « banania » de tous les murs de France.

Qui pourra vous chanter si ce n’est votre frère d’armes, votre frère de sang ?

Léopold Sédar Senghor – Hostie Noire

 

Ni frère d'arme, ni frère de sang et pourtant je les chante, pourtant je les loue. Les louer pour quoi ? Cinquante ans d'indépendance, pourquoi fêter cela ? Et si... comment le fêter. Un collègue a eu une brillante idée... celle de rendre hommage aux anciens combattants centrafricains qui sont encore vivants pour mieux célébrer tous ceux qui se sont battus pour la France. Un constat tout d'abord, au fur et à mesure que l'on épluche ces moments historiques, on se demande bien ce que l'on peut fêter sans ouvrir les pages noires de notre histoire commune.

Des problèmes de définition tout d'abord... « les troupes des tirailleurs sénégalais ne sont pas tous nés sur les bords du fleuve Sénégal » (j'espère Étienne que tu ne m'en voudras pas d'emprunter ici tes mots, je te les rends dès que j'ai terminé). On parle donc très généralement de tous les soldats africains, originaires d'Afrique noire. Donc tout d'abord il y a le problème que cela soulève, ces hommes se sont donc battus pour une patrie qui n'était pas la leur puisqu'ils n'étaient qu'indigènes et non pas, citoyen français. Certains disaient qu'il était normal que les colonisés se battent pour la mère patrie, elle qui avait investit tant de sang et d'argent dans la mission civilisatrice. Je me dispense ici de commentaires, il me semble que tout est dit...

Bref, les africains et les malgaches issus des colonies ont donc commencé à participer aux combats civilisateur à proprement parlé puisque les premières troupes ont servi à pacifier les nouveaux territoires colonisés (ceux qui ont le temps peuvent se pencher sur l'exemple du Kongo Wara). En 1914, alors que l'Europe s'affronte et se déchire, elle embarque dans son giron les troupes coloniales et exporte ainsi les combattants sur son propre territoire. Par chance les indigènes avaient droit à un traitement spécial puisque leurs femmes et leurs enfants pouvaient les accompagner lors de leur service. Cela donnait un beau bazar et personne ne se posait la question de savoir ce que des femmes et des enfants faisaient sur un champ de bataille.

Le temps a passé et certains hommes se sont fièrement battus et ont permis à l'empire colonial de l'emporter sur son frère ennemi. Pour la première fois les africains ont eu la preuve que les européens n'étaient en aucun cas de meilleurs hommes qu'eux. Deux choses les ont frappés. La première c'est que les blancs se tuaient entre eux, ils n'étaient donc pas tous d'accord et surtout, les blancs mourraient exactement comme les noirs, ils versaient le même sang.

La deuxième, qui me semble la plus révélatrice c'est que les blancs d'Europe ne se comportaient pas comme les blancs d'Afrique à l'encontre des noirs. Ils les vouvoyaient, ils les respectaient en tant que soldat, etc. Le retour a donc été très violent car les Africains avaient sous les yeux les preuves tangibles de l'abomination de leur asservissement (en plus évidemment des travaux forcés comme le portage, par exemple, qui consistait au transport de très lourdes charges sur des centaines de kilomètres dans la forêt tropicale ou équatoriale pour installer de nouvelles infrastructures, tout ça la chicote à la main).

Donc malgré le sang versé, les colonies africaines francophones n'ont pas acquis l'indépendance, loin s'en faut. La vie coloniale a perduré et en 1939 la seconde guerre mondiale éclate. Pendant que les combats ne se déroulent pas pendant la drôle de guerre quelques troupes coloniales s'entraînaient néanmoins pour rejoindre la métropole. En trois semaines la France est battue, le gouvernement s'enfuit, laisse les pleins pouvoir au maréchal Pétain et de Gaulle s'en offusque et de Londres lance sont appel. Les premiers à y répondre sont une île du Pacifique dès le mois de juillet et vient le tour des territoires de l'Afrique Équatoriale Française (Tchad, Cameroun, Congo français, Oubangui-Chari et le Gabon). A cause de l'éternelle défiance franco-anglaise, l'Afrique Occidentale Française et l'Afrique du Nord ne se sont ralliés au général de Gaulle qu'en 1942 (cf. Mers el-Kébir).

J'en profite pour faire une petite digression sur les conditions de ralliement au Général qui sont vraiment surprenantes. De nombreux évènements se sont joués à peu de choses et toute l'histoire des débuts de la seconde guerre mondiale vue par les anciennes colonies est édifiante sur la réalité de la géopolitique. Enfin quoi qu'il en soit, l'Oubangui-Chari (actuelle République centrafricaine) s'est retrouvée ainsi actrice dans la guerre. Je passe sur la réalité à l'intérieur même du territoire que je ne connais pas mais je vais vous conter l'épopée du deuxième bataillon de marche.


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