L'oeil de l'éléphant

Oh! It's Been a Long Time, But We're Glad You Came

20:35, 13/02/2011, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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Ce matin Bangui a la gueule de bois, les gens errent dans la rue comme des blessés sur un champ de bataille, c'est d'ailleurs ce à quoi ressemble la ville, un véritable champ de bataille. Les rues sont dévastées, les branches des manguiers cassées gisent encore à terre, la boue recouvre la majeur partie des routes goudronnées. Les pistes de latérite sont défigurées par les torrents d'eau, de boue et de déchets qui ont coulés ; le passage des pick-up sur le sol encore humide à creusé de grosses tranchées. Ces chemins sont à retracés, comme après la guerre, on reconstruit. Cela a déjà commencé, dès le petit matin les gardiens/balayeurs ont formé de petits tas de feuilles et de branches que les agents municipaux ramasseront au cours de la journée, voire de la semaine dans les zones les moins proches du centre-ville. Pour le moment, ils s'affairent à récupérer toutes les branches qui entravent la route, chaque chose en son temps, petits efforts combinés.

Mais les séquelles sont présentes, sur la route du bureau le travail de tout le monde a repris, mais tous sont hagards. En moto j'ai failli renversé des gens, ils traversent en regardant partout l'étendue des dégâts. D'autres ont les yeux baissés, ils repensent à l'état de leur propre concession... Combien de grosses branches sont tombées ? Combien de toit se sont envolés ? Combien de murs se sont écroulés ? Combien de litres d'eau ou de boue se sont se sont déversés en plein milieu des salons ? Toutes ces questions que je ne me pose pas ne me laissent pas indifférents et je suis forcément indulgent face à ces gens qui ont la tête en l'air. De toute façon je ne roule pas vite, malgré le travail des déblayeurs, des branchages sont toujours au milieu de la route. Moi aussi je dois avoir l'air un peu perdu sur mon deux roues. Drôle d'ambiance à Bangui en ce lundi matin... Ça me fait repenser à la réponse à la question du comment ça va ? « Comme un lundi. »...


Oh oui ce lundi va... mais par contre la nuit du dimanche au lundi a été quelque peu chamboulée. J'ai été réveillé par le bruit des branches qui s'agitent au vent, ici la pluie est toujours précédée par de très fortes bourrasques de vent. Comme l'orage qui s'annonçait les rafales étaient puissantes. Aussitôt réveillé je me lève pour fermer les fenêtres, ce n'est pas la peine de récréer l'œil du cyclone dans mon appart ouvert aux quatre vents. Aussitôt je me recouche et me rendors. En train de somnoler, le bruit des premières gouttes de pluie me fait sortir de ma torpeur... pas suffisamment pour me déranger ou susciter d'autre mouvement de ma part que de changer de position en me retournant simplement. Je re-somnole jusqu'à ce que la violence du raffut des grêlons sur le toit en tôle ne m'incite à aller voir l'étendue des dégâts. Et là c'est la surprise, peut être un peu la déception. Les moustiquaires qui closent chacune de mes fenêtres sont gorgées d'eau... Chaque espace laissées par les mailles de nylon sont occupés par les gouttes de pluie. Le raffut est énorme au dessus de ma tête et ma vision de l'extérieur est complètement brouillée par ce voile d'eau que je ne peux percer. C'est la même impression étouffante que d'être dans une voiture complètement embuée... on a beau passer sa main sur les vitres, la condensation se fait instantanément et l'on est comme prisonnier de l'extérieur. Prisonnier de ma bulle auditive et visuelle je prends le parti de me recoucher tout simplement puisque je ne peux assister au spectacle. Les grêlons ne semblant pas rétrécir le bruit persiste et après quelques minutes à tourner et retourner dans mon lit sans pouvoir ôter de ma tête l'image du martèlement que provoque les glaçons sur ma tôle bientôt ondulée. Devant cette situation extrême mettant en péril mon sommeil... je me retourne une dernière fois et pioche deux boules quiès et me les enfourne dans les esgourdes. C'est bien mieux et largement suffisant pour étouffé le vacarme et me permettre de m'endormir sur les deux... oreilles.


C'est donc le lendemain au petit levé que l'air frais m'envahis au sortir du drap. La journée s'annonce fraîche mais quelque peu voilée. Le soleil fait son apparition au dessus du Congo démocratique avec une couleur qu'on ne trouve pas en France, il est couleur papaye. De son côté l'air semble clair alors que si l'on tourne la tête vers la ville l'atmosphère se fait plus lourd. Ce n'est qu'en prenant la route que je réalise donc pleinement les dégâts. Par chance seule la rue a pleinement souffert de cette tempête, mes collègues n'ont répertorié aucune destruction dans leurs concessions respective et ce quelque soit le quartier où ils habitent. Par chance nous avons donc passé la même nuit, exposé à l'intensité de l'orage mais à finalement suffisamment à l'abri pour en « apprécier » la beauté.



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