L'oeil de l'éléphant

Muzungu dans la brume (1)

08:38, 13/06/2012, Ruhengeri .. 0 commentaires .. Lien
Mots clefs :
 
Le Rwanda c'est le pays des mille collines, c'est le pays du miel et du lait mais c'est aussi le pays des volcans et des gorilles. Je ne parlerai que de ces derniers parce que les volcans je ne les ai pas vraiment vus même si j'étais à leurs pieds.
 
Donc le dernier vendredi du mois de mai je suis parti en compagnie de six charmantes jeunes femmes passer un petit coucou aux gorilles. Grâce à une organisation sans faille de mes camarades nous limitions les frais déjà conséquents. A savoir que lorsque l'on est touriste au Rwanda, il faut débourser la coquette somme de 500 $ pour avoir le droit d'aller voir les gorilles, c'est 250 $ pour un résident (ce que je suis) et c'est environ 30 $ pour les rwandais. Depuis le 1er juin les prix ont tous augmenté de 50 % et il est prévu une nouvelle augmentation du même montant pour le 1er janvier 2013, cela fera donc 1 000 $ pour les touristes, 500 $ pour les résidents et 60 $ pour les rwandais. Devant cette annonce effrayante nous nous sommes empressés d'acheter nos tickets d'entrée au parc des Virunga.
 
Nous sommes donc partis dès la fin du travail le jeudi pour faire la route en bus de nuit entre Kigali et Musanze (anciennement Ruhengeri), y dormir le soir chez de bonnes âmes fraternelles et prendre la direction du parc le lendemain matin au levé du soleil. Arrivé au point de rendez-vous c'est avec étonnement (et un peu de déception) que je m'aperçois que nous ne serons pas les seuls à aller voir les gorilles ce jour-là. Mais il n'y avait pas beaucoup de monde, une cinquantaine de personne et jamais nous ne les croiserons.
 
Il y a 20 familles de gorilles dans les Virunga, 16 sont conditionnées aux visites, pas plus de 8 visiteurs par famille (sans compter les guides, les gardes et les pisteurs). Et chaque famille à ses particularités et ses lieux de prédilection. Les randonnées pour aller les voir ne sont pas toutes les mêmes et ne requierent pas la même condition physique.
Nous nous sommes tous mis d'accord pour aller voir une famille qui ne serait pas trop loin, mais pas trop près non plus, nous avions également retenu les noms des familles les plus « cool ». Tout ça en vain car il faut aller quémander auprès des guides très tôt, pendant que des danseurs traditionnels « enjoient » les touristes. Raté... sans s'être « enjoyés » nous avons pris le temps de boire un thé (du Rwanda évidemment) et nous nous sommes faits « piquer » la famille que nous avions choisie. Alors du coup nous nous sommes contentés de ce que l'on nous proposait. C'est donc la famille Kwitonda qui nous a été assignée. La famille porte le nom du mâle dominant, Kwitonda qui signifie « calme » en kinyarwanda est le plus vieux des gorilles encore vivant dans le parc. Il a 39 ans, 4 épouses, 4 autres mâles à ses côtés (ceux qui ont les poils du dos blancs, les dos-argentés) et une ribambelle de gorillons, une dizaine environ. Le plus jeune ayant 3 mois.
 
C'est avec ces informations que nous avons repris la voiture, pour atteindre le pied du volcan Muhabura, celui qui héberge la famille Kwitonda. Les 25 minutes de routes ont été un supplice pour la voiture, le chemin était composé de grosses pierres volcaniques (très noires) et était creusé à cause du ravinement de l'eau de pluie. Pas de boue, mais ce n'était guère mieux. Une fois la voiture laissée, nous avons commencé à gentiment marcher entre les champs de pommes-de-terre que l'on dit délicieuses à Musanze. Un paysage très vert pointillé de pierres volcaniques. A peine quelques dizaines de mètres et nous arrivons à la lisière de la forêt, un mur en pierres nous fait obstacle. A nous ? Pas vraiment, il est là pour empêcher les gros animaux (buffles, éléphants et gorilles) d'aller se nourrir en piochant dans les champs en contrebas.
Au mur, un garde nous retrouve armé d'un fusil d’assaut kalachnikov. Les guides nous expliquent qu'il est là pour faire fuir les éventuels éléphants et buffles qui pourraient avoir envie de faire un bout de chemin avec nous. Il ne peut leur tirer dessus, il doit tirer en l'air, nous voici rassurés.  

Ajouter un commentaire

{ Page précédente } { Page 20 sur 83 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Rubriques


Derniers articles


Sites favoris


Amis




Flux RSS.