L'oeil de l'éléphant

Madness

12:40, 11/11/2012, Nyungwe .. 0 commentaires .. Lien
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IL ETAIT UNE FOIS...

Trois amis avaient décidé de visiter un pays qu'il ne connaissaient pas bien, surtout pour deux d'entre eux. Encore jeunes et animés d'une fougue viscérale ils programment un TREK. Quel mot mystérieux, rempli de promesses d'aventure et de découvertes. Un Trek, il n'y a que les warriors qui sont capables d'en faire. Un Trek, ça fleure bon le couillu et l'ovarienne, ce sont des gens plein de courage, d'abnégation, de stoïcisme. Ce sont des gens sains, de ceux qui t'invitent à des apéros dînatoires (j'adore ça, surtout quand y a des carottes crues qu'on peut tremper dans du guacamole « fait maison » et du saucisson) ; ce sont des gens qui te montrent leur superbes photos de paysages, qui te racontent leurs mésaventures face à des animaux dangereux ; qui t'expliquent que prendre un café chaud, à la sortie de la tente, devant un lever de soleil magnifique ça n'a pas de prix. Et bien, on voulait en être !! Et on avait les moyens parce qu'à quelques dizaines de kilomètres de chez moi y a ce qu'on appelle le Trek Congo-Nil. C'est très simple, ça se trouve au bord du lac Kivu, vous savez cette région du monde où y a eu plus de 6 millions de morts depuis 20 ans (et ça continue encore aujourd'hui), mais ceux (trop peu) qui en parlent ne sont guère écoutés alors on oublie. Et puis comme nos pays y font des affaires, on se tait, ça serait dommage de perdre de l'argent facile, surtout en ces temps de crise (la fameuse). Et puis, François Mitterand l'a dit il y a déjà bien longtemps, « un génocide dans ces pays-là, ce n'est pas si important » dans Le Figaro, 12 janvier 1998, propos reportés par Patrick de Saint-Exupery (lire ici).

(http://fr.scribd.com/doc/12698597/FranceRwanda-Un-genocide-sans-importance-Le-Figaro12-Janvier-1998). Bref...

 

THE TREK

Donc nous voulions faire ce Trek qui s'étend entre les villes de Gisenyi (côté Rwanda au nord du lac Kivu) et Cynagugu (toujours côté Rwanda mais au sud du lac). Respectivement, les voisines congolaises sont Goma et Bukavu. Ce Trek fait 227 kilomètres et relie (plus ou moins) les deux bassins de deux fleuves mythiques, le Congo et le Nil. Il est prévu sur 9 jours de marche. Je vous rassure ce n'est pas ce que nous avons fait. Nous avions prévu de faire la première moitié, nous le prenions à l'envers et devions remonter sur quatre jours. Après étude du parcours, nous avons décidé de squizzer la première étape car il s'agissait de marcher le long de la route goudronnée entre Cyangugu et Nyamasheke alors on a décidé de partir directement de cette dernière ville pour ensuite rejoindre Kibuye, au milieu du parcours originel, ça fait quand même une soixantaine de kilomètres, donc pour un premier Trek c'est pas si mal.

Mais avant de commencer cette expédition nous avions prévu de passer par la forêt de Nyungwe. Il s'agit d'un espace entièrement préservée des activités humaines. Il s'agit d'une des plus grande forêt tropicale de montagne au monde. Et bien nous, on voulait y passer, y dormir et y faire un petit trek pour aller voir les singes et les oiseaux.

 

LES « PIEDS NICKELES »

Comme on voulait faire un superbe séjour nous nous sommes organisés la vieille de notre départ. A notre décharge faut dire que la veille et l'avant veille nous étions super occupés à regarder des animaux sauvages vivre dans le habitat naturel, donc ça excuse pas mal de chose.

Nous avions une tente, des sacs de couchages, des matelas de camping, des sacs à dos de compèt', on a prévu de la nourriture (des trucs légers), un peu d'ustensiles, de l'eau, quelques vêtements de rechanges, un réchaud à pétrole (première erreur) avec du pétrole en réserve et des chaussures, chacun les siennes. Pour moi, de belles chaussures de rando (un truc sérieux), pour Cécile et Dimitri des baskets pour courir (deuxième et troisième erreur). Et on prend un peu d'argent (quatrième erreur), on prévoit nos billets pour le bus et tout roule. Nous partons, dimanche matin à 9h30 de Kigali pour être à 14h à Nyungwe et profiter de la forêt et de son ambiance, paraît-il exceptionnelle.

La route se passe super bien, il fait beau, il fait bon on profite des paysages jusqu'à l'entrée dans le parc de Nyungwe. Là nous rencontrons une magnifique pluie, en même temps quand on entend forêt tropicale de montagne, on se doute bien que la crème solaire est pas l'outil le plus indispensable. Nous descendons du bus et courons nous mettre à l'abri à l'entrée du parc. Là les guides sont sagement abrités dans leur bureau et ne daignent pas se mouiller pour nous accueillir, tant pis, c'est nous qui courrons entre les gouttes. Là, dans un français excellent, ils nous apprennent que 1. nous avons le droit de manger comme des clochards devant tout le monde et 2. ils nous annoncent les prix... 30 $ pour avoir une place où planter la tente (par personne) et après c'est au minimum 40 $ (toujours par personne) pour faire un trek, avec l'éventualité qu'il continue de pleuvoir à verse (et donc pas de guide)… quelques minutes de réflexion nous font pencher vers la solution de fuir au plus vite cet endroit et de commencer dès le lendemain le VRAI Trek, celui où s'il pleut, nous ne pouvons pas abandonner.

 

En la faisant courte, nous essayons de se faire prendre en stop par des bus ou des voitures (ceux-ci sont toujours plein dans le sens qui nous intéresse et vides dans le sens opposé), comme il pleut toujours des seaux nous décidons de remonter la route vers un abribus que nous avions aperçu (à 400 mètres selon un guide) et plus de 400 mètres plus tard, nous faisons demi-tour et décidons d'appeler un taxi (et bim pour le portefeuille) pour qu'il nous amène à notre campement, pour qu'ainsi le jour 3 de notre Trek se transforme en jour 1.


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