L'oeil de l'éléphant

Explorers

08:28, 22/11/2012, Karengera .. 0 commentaires .. Lien
Mots clefs :

CHEMIN FAISANT

Cette heure avant notre prochaine étape pour la nuit ne dura pas moins de trois heures. Trois heures pendant lesquelles nous espérions apercevoir le panneau salvateur à chaque recoins de colline. Ce fut peine perdue. A un moment, juste quand un virage a ouvert sur une nouvelle vallée et que s'écartait la possibilité de trouver le refuge tant espéré à proximité, l'un de nous (c'était moi) s'est écrié que s'en était trop. Nous nous sommes assis à même le sol pour reprendre un peu nos esprits et réfléchir plus posément à la suite à donner à notre aventure. Nous décidâmes (apparemment l'un d'entre-nous avait déjà choisi) que cela s'arrêterait ici, les pieds nickelés n'iraient pas plus loin, ils avaient fait assez de mal à leur corps. Nous avons étudié les possibilités de prendre des taxis motos (qui passaient de temps en temps sur notre chemin) pour rejoindre le prochain camp de base, voir directement Kibuye (que nous étions naïfs). Finalement après avoir interrogé quelques personnes, nous apprenions qu'il y avait, pas très loin de nous, un endroit prévu où nous pourrions installer notre tente. Alors nous nous sommes remis en route pour atteindre ce village plus important que les autres. Rasséréné par les encouragements des gens avec qui nous avons discutés.

 

Ce chemin fut long, très long. Autant j'aime bien voir les collines, autant quand nous sommes dessus et que nous marchons, la géographie est quelque peu décourageante. Pas que le dénivelé soit si important (quoique) mais lorsque l'on en contourne une, de nombreuses autres se dressent sur notre chemin. Du coup, point de trajet en ligne droite, nous subissions la topographie jusqu'à voir la route se scinder en deux routes, une qui montait et une autre qui continuait à plat. Nous interpellâmes quelques badauds qui nous indiquèrent extrêmement gentiment la route à suivre. Une professeur nous dit que le collège que nous cherchions (qui est celui dans lequel elle travaille) nous accueillera (comme il accueille tous les randonneurs de ce Trek) très chaleureusement, même pas besoin de planter la tente, nous dormirons dans de véritables lits. S'en est presque trop pour nous. Elle nous indique donc l'école en nous annonçant qu'il reste deux kilomètres à marcher, elle se reprend aussitôt devant nos yeux plein de désespoir, « euh, peut être qu'un kilomètre ». Ouf... Ces derniers kilomètres (parce qu'ils étaient plus qu'un !!) furent quasiment nos plus difficiles. Nous avions notre étape du soir en ligne de mire mais celle-ci se trouvait en hauteur. Je nous suis fait l'impression d'être des coureurs cyclistes à qui l'on impose des arrivées en altitude, juste pour le plaisir de les voir souffrir encore un peu après avoir déjà roulé plus de deux cents kilomètres. Il était dit que nous devions mérité cette étape.

 

ARGHHHHHHHHHHHHHHH

Dans le collège de l'ADEPR (établissement privé d'obédience évangélique) qui est une étape officielle de ce Trek, nous sommes accueillis et traités comme des rois. Au programme on nous prépare des chambres, on nous demande si nous souperons et on nous fait chauffer de l'eau pour une douche !!! Une douche chaude !! nous croyons rêver. Quelques professeurs viennent nous tenir compagnie et nous présente un peu ce collège qui accueille plus de mille élèves en internat. Le lieu est magnifique, cette montée valait la peine. A présent décrassés nous réfléchissons à notre passé et à notre futur.

 

DES CHAMPIONS

Après étude de la carte il s'avère que notre étape de la journée était longue d'au moins une vingtaine de kilomètres (c'était beaucoup). Si le camp de base que nous cherchions avait vraiment existé cela nous aurait épargné au moins cinq ou six kilomètres, ce qui n'est pas rien. En étudiant les guides (papiers) qui nous accompagnait nous avons donc fait en 7 heures, ce qu'ils préconisaient de faire en plus de 10 heures. La performance et l'explication sont là, nous voilà rassurés sur nos capacités car nous nous étions vraiment dits que pour faire un trek comme ça il fallait être décidément un véritable guerrier.

Concernant notre futur, c'est à l'unanimité que nous décidons de prendre le premier bus le lendemain matin pour Kibuye. Cela veut dire se lever à 5h mais ce n'est pas grave, nous serons tôt chez nous. Avant cela, nous mangeons nos réserves goulûment et à 19h c'est extinction des feux et nous nous endormons du sommeil du juste.


Ajouter un commentaire

{ Page précédente } { Page 9 sur 83 } { Page suivante }

Qui suis-je ?

Accueil
Qui suis-je ?
Mon itinéraire
Livre d'or
Archives
Amis
Album photos

Mes albums

La carte des lieux visités



Rubriques


Derniers articles


Sites favoris


Amis




Flux RSS.