L'oeil de l'éléphant

Un jour où l'autre

22:14, 16/03/2013, Kigali .. 0 commentaires .. Lien
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Depuis que je suis expatrié et que je travaille plus ou moins directement pour l'Ambassade de France, certaines dates ont pris de l'importance. Le 8 mars par exemple, le monde entier célèbre la journée des droits de la femme. Cela ne signifiait pas grand chose pour moi et le 20 mars, journée internationale de la francophonie, pas plus. Nous n'avions pas à l'école de célébrations pour ces journées, je me souviens d'avoir participé à un concours sur la résistance mais pas à des célébrations aussi internationales.

Je trouve cela dommage de ne pas permettre aux enfants français d'être sensibilisés à ces questions là. La question sur les droits de la femme et sur l'égalité des genre, s'ils ne sont pas traités en France vont laisser la population dans une sorte de joie béate d'appartenir à une société où l'égalité règne. Ce qui n'est définitivement pas le cas, la différence de salaire, les différences de traitement au quotidien (je pense au machisme, ou au harcèlement), le manquement cruel d'égalité dans la représentation politique. 20 % de députées et de sénatrices ! Au Rwanda la parité au parlement est un fait. 50 % d'hommes, 50 % de femmes. Cela nous montre bien que la volonté politique peut avoir un poids, d'autant plus que la partie n'est pas encore gagnée, cette représentation politique équitable est un pas en avant, mais pas encore le bout du chemin, loin de là.

Bref, une « journée de la femme » célébrée réellement en France aurait le mérite de poser les bonnes questions et de mettre en avant le chemin qu'il reste à faire.

 

Pour ce qui concerne la francophonie, je trouve qu'il peut être sympa de montrer aux enfants que la langue qu'ils utilisent tous les jours n'est pas propre à la France, qu'elle ne leur appartient pas même s'ils la maîtrisent.

Les français ne sont pas les plus nombreux à parler la langue française, loin de là d'ailleurs. Du fait de notre passé colonial, l'Afrique regroupe la majorité des francophones. Et sans rentrer dans la politique je pense qu'il y a de belles choses à promouvoir en participant à ces événements de promotion de la francophonie. Il m'est arrivé en Centrafrique et au Rwanda d'entendre certains français de mes collègues, se plaindre du niveau de langue des centrafricains ou des rwandais. Mais il faut bien comprendre que ce sont ces expressions qui enrichissent le français. Le premier exemple qui me vient à l'esprit est le néologisme des « sapeurs » de Brazza. Il s'agit autant d'une manière de vivre, que de s'exprimer. Les « sapeurs » sont ceux qui accordent de l'importance à la sape, les vêtements. Un article sur Rue89 : http://blogs.rue89.com/les-plans-culture-de-la-redac/2013/01/21/les-sapeurs-de-brazzaville-soyez-elegants-au-lieu-de-faire-la-guerre-229452

Le deuxième exemple qui me vient, et qui montre l'appropriation de la langue de Molière, est cette façon de parler le français emprunt d'un fort respect. En France notre français a évolué d'une certaine manière et dans les pays d'Afrique francophone, le français a lui aussi évolué en gardant de nombreuses expressions et mots qui peuvent nous sembler aujourd'hui désuets. C'est le charme du français, une langue riche et complexe, qui ne se maîtrise véritablement qu'au contact de ceux qui la parle.

 

Défendre le français dans le monde c'est aussi défendre un anticonformisme. L'anglais est beau, facile, fluide et chantant. Il est temps qu''il soit véritablement parlé par les français. Il est d'ailleurs temps que la France s'ouvre sur le monde et sur les autres. L'exception française n'existe pas et nous souffrons d'une réputation exécrable à l'étranger, la faute à notre manière de nous désintéresser de ce qui nous entoure.


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