L'oeil de l'éléphant

Le Noël centrafricain

20:55, 13/01/2010, Lobaye .. 0 commentaires .. Lien
Mots clefs : république centrafricainenoëlMbaikiafrique

            Comme je l’ai déjà dit, le plus troublant ici c’est que l’on ne ressent pas la montée en puissance vers Noël. Pas de catalogue de jouet dans les boites aux lettres (qu’il n’y a d’ailleurs pas), pas de températures qui baissent, les jours ne raccourcissent pas, pas de courses aux cadeaux dans les centres commerciaux, pas de multiplication de gastro et de grippe, seuls quelques amis font des paluds ou des intoxications alimentaires. Ici à quatre jours de Noël seuls quelques lampions lumineux ont fleuris. Ma plus grande émotion a quand même été de voir un père noël centrafricain, c’est une image qui restera à tout jamais gravée sur mes rétines… un vrai père noël noir qui se prend au sérieux, c’était formidable.

            Donc pour marquer le coup et bien nous avons fait un petit repas chez moi, nous étions une dizaine et le repas fut quand même de fête car pour l’occasion nous avons préparés un GRATIN DAUPHINOIS !! Ca a beau être assez classique, c’était quand même formidable ce petit bout de France qui fondait à l’intérieur des joues. Après avoir célébré dignement la naissance du sauveur avec un délicieux mousseux (on ne se refuse rien) nous sommes allés faire une excursion… en boîte de nuit comme de véritables petits païens. Les discothèques ne sont pas le lieu idéal pour commémorer la naissance du Christ, bien qu’à certains moments on semblait apercevoir certaines scènes rappelant sa conception… et bien oui l’Annonciation (avec de vrais anges sur la piste) à quoi vous pensiez ?

 

            Le lendemain a été l’occasion de nouvelles expérimentations. Nous sommes partis à une quinzaine de personnes dans un lieu dénommé la SCAD. C’est à environ 130 kilomètres de Bangui. La Société Centrafricaine d’Agriculture et de Déroulage est en fait une des plus grandes scieries de Centrafrique qui appartient à un homme très riche qui fait également preuve de mécénat auprès des animations culturelles de l’Alliance française. Et c’est grâce à son merveilleux directeur que nous avons pu passer les fêtes de Noël là-bas (je te salue Etienne et tu peux voir le bel hommage que je te rends). A peine arrivé au lieu dit que le gérant Abdou, nous accueille. Il nous explique qu’il est bien triste car son singe de compagnie est mort la semaine précédente mais que pour se consoler, il s’est offert un crocodile (caïman plus précisément je crois). C’était énorme d’être à quelques centimètres d’une telle bête. On pouvait l’observer en toute tranquillité et puis le toucher aussi. Et attention révélation, il a le corps froid, mais froid du style pas comme les serpents, un truc comme mettre sa main sur du carrelage !! Impressionnant.

 

            J’en entends dans le fond qui commencent à chuchoter… « Noël dans une scierie ? » Et oui parce que justement l’industriel à fait construire quelques bungalows pour y accueillir ses amis. Et que ces Bungalows sont installés au bord de la Lobaye. Ce fleuve se jette dans l’Oubangui un peu plus au sud et il est typique d’un endroit paradisiaque. Le cours d’eau est large d’une centaine de mètres dont les rives sont envahies d’une végétation dense et imposante. J’ai d’ailleurs pu en profiter à fond puisque nous sommes partis Hervé et moi, y pécher le dimanche matin et comme ça n’a pas mordus des masses (au moins 80 grammes de poissons péchés, oui au pluriel, il y en avait deux) je me suis bien occupé avec mon appareil photo. Nous en avons aussi profité pour nous baigner (oui désolé mes chers grands-parents mais c’était trop tentant, et puis je n’ai pas été malade donc j’ai bien fait non ?).

            Ce qui est formidable à la SCAD en particulier et en Centrafrique en général c’est que s’offrir du personnel de cuisine pour quelques jours est à un prix abordable (je n’en dirai pas plus car c’est trop honteux le coût de la vie ici). Du coup nous avions simplement du prévoir à boire et à manger. Les deux cuisiner/serveurs se sont entièrement occupés de nous les midis et soirs. Pas de cuisine à faire, ni de mettage et de débarrassage de table, ni de vaisselle. Des vacances où personne ne se prend la tête car ces petites obligations n’en sont pas pour les décembristes que nous étions. Du coup nous avons pu profiter du merveilleux paysage qui s’offrait à nous et des magnifiques expériences culinaires.

Hervé a acheté quelques chenilles boucanées. Nous avons été plusieurs à les manger pas préparées. Ca sent le charbon et ça en a le goût. Ca croque sous la dent et sans être totalement indigeste ça n’apporte pas grand-chose au fait de manger. Le lendemain les cuistots de la SCAD nous les ont préparées en enlevant les piquants (ah tout ne se mange pas ?) avec sauce, oignons,… Ce fut meilleur car plus moelleux. C’était une expérience sympa à faire et les têtes que chacun font sont assez désopilantes. Le prochain objectif est de les manger fraîches et celui d’après est de les manger vivantes… C’est peut être ça le plus difficile.

 

A deux kilomètres des bungalows il y a la villa du patron qui est au bord de toutes petites chutes dans lesquelles on peut se baigner. Après un petit tour en pirogue nous nous sommes installés sur un banc de sable laissé à découvert grâce à la saison sèche et nous avons passés au moins quatre heures à barboter dans l’eau comme de beaux saumons frétillants à essayer de remonter le courant. Au programme ce fut installation au cœur des chutes pour s’offrir une session de jacuzzi naturel, sauts dans des trous d’eau et surtout nage jusqu’à l’endroit ou le courant est fort pour se laisser embarquer par ce dernier et ramer comme ce n‘est pas permis pour rejoindre le banc de sable. Un vrai régal. Je ne passerai pas tous mes Noëls comme cela, ma famille m’a manqué et vous croiser sur Skype m’a fait le plus grand bien Mais je suis heureux d’avoir vécu un moment comme celui là.



Hit the road Gus

20:25, 16/12/2009, Bayanga .. 1 commentaires .. Lien
Mots clefs : république centrafricaineéco tourismebayangagorilleForêt tropicaleelephant

            C’est donc dans un silence respectueux à l’égard cette magie omniprésente que nous avons commencé à entendre des bruits. Le premier réflexe est de penser au rugissement d’un lion, mais dans cette forêt il n’y en a pas, il n’y a que quelques léopards donc ce n’est pas ça. Ce n’est qu’en arrivant à proximité de ladite saline que j’ai compris que je n’entendais pas non plus des gorilles. Mais bel et bien le cri qui précède le barrissement à proprement barri. Et là, à 10 mètres à peine, une saline de plus de 100 mètres de large avec une soixantaine d’éléphants qui paissent tranquillement. Cette arrivée est époustouflante car on entend, on imagine et ensuite on voit et là, c’est forcément supérieur à ce que l’on pouvait penser. Un mirador de 10 mètres de haut a été aménagé pour offrir  aux curieux la plus belle vue possible sans importuner les animaux. C’est apaisant pour tout le monde car on a l’impression de faire partie de leur petit monde pendant deux heures, un régal pour les yeux et les oreilles car nous voilà de retour à notre état premier, simple mammifère parmi les autres. On n’oublie pas que l’on est le prédateur le plus dangereux mais les pygmées et les membres du WWF ont habitué les animaux à la présence de l’homme. De plus, nous ne sommes pas suffisamment intrusifs pour les déranger. Et là c’est une parade pour laquelle nous ne savons pas où donner de la tête. Les éléphants sont tous en train de fouiller les retenues d’eau pour manger ou pour s’asperger, les éléphanteaux se baignent complètement, les mères veillent, (capté ?), les mâles s’observent et quelque fois se défient. Un buffle, un tout seul, tout perdu s’est installé dans une flaque et y a passé tout son temps sans déranger personne. Des petites gazelles, cousines de la girafe (oui-oui) sont passées par-ci par-là et des oiseaux de toutes sortes planent au dessus de tout ça. Le mounjou que je suis a repéré des canards et des ibis, je pense que je suis complètement à côté de la plaque mais vous voyez le style. Une sorte de plénitude s’est envahi de moi, tellement que je me suis endormi, oui j’ai honte. J’ai devant moi un spectacle exceptionnel et, et… je roupille, désolé, la « blasitude ». Les pisteurs pygmées nous ont laissés nous recueillir tranquillement pendant ces deux heures tandis que pour s’occuper, l’un d’entre eux écoutait son lecteur mp3, ça ne s’invente pas. Le retour s’est passé dans un silence paisible, agrémenté d’une tension moins palpable. Nous étions repus de sérénité. La journée s’est terminée auprès de ce lieu idyllique qu’est la Sangha autour d’une bière et des moustiques. A 20h30 j’étais déjà en train de rêver à toutes les belles choses que je ferai le lendemain.

 

            A 6h nous étions prêt à rendre visite à nos cousins les gorilles. Le réveil ne fut pas difficile pour trois raisons. La première est que c’était le troisième matin d’affilé que nous nous levions avant 5h30, la deuxième est que le soleil pointe également ses rayons à ce moment là et que du coup ça motive car on se sent un peu privilégié, la dernière est qu’on allait enfin voir ces gorilles dont on nous avait tant parlé. Sans être décevant, c’était moins fun qu’avec les éléphants. Tout d’abord le principe est le même qu’avec les éléphants, du 4x4 (30 km donc 1h30… et oui forcément !), une halte sur le parking des chercheurs qui étudient ces gorilles habitués à la présence humaine, une marche plus ou moins longue (on ne sait jamais à l’avance où ils sont, ils peuvent d’ailleurs ne pas être du tout) et une observation de plusieurs dizaines de minutes. Nous avons eu la chance que les gorilles ne soient pas très loin. Je n’en ai vu que trois, un mâle baby-sitter et ses deux rejetons. Les femelles n’étaient pas loin mais il n’était pas possible de les voir, tant pis. Alors forcément, trois gorilles c’est moins impressionnant que soixante éléphants, qu’on se le dise !! Même si, à notre arrivé le mâle était assis adossé contre un arbre. Et boudiou !! c’était un sacré bestiau, des cuissots larges comme mon torse et des biceps comme des cuisses. Alors du coup il ne faut pas l’imaginer difforme mais fouh !!! ça en jetait. Il est resté comme ça quelques minutes puis a grimpé dans l’arbre le plus proche sur lequel il est resté tout le temps. La remarque à la con que je peux faire c’est que ça m’a fichu un petit torticolis. Nous n’étions qu’à cinq mètres de l’animal et c’était stupéfiant les ressemblances et les manières, si voisines des nôtres. Finalement Darwin n’a pas inventé la poudre, en fait, il est juste allé à Bayanga (c’est important de remettre les choses dans leur contexte après on s’en fait toute une montagne) !! Une sacré expérience encore mais moins magique qu’à pu l’être la visite des éléphants. Ça n’empêche que j’ai mitraillé comme un dingue et que j’ai des petits films sympathiques à montrer !!

 

            Nous avons ensuite passé l’après-midi à notre village étape et nous nous sommes baignés dans la Sangha. Après un rapide sondage du fond il s’est avéré que le lieu était idéal pour une bonne tranche de rires et de sensations. Le Doli-Lodge a sa « salle » de salon-restaurant qui surplombe le fleuve, forcément l’inconscient que je suis a de suite pensé qu’il serait possible de sauter de ces quelques mètres pour s’enfoncer allègrement dans cette onde si bénéfique. Pour les inquiets je ne peux pas vous rassurez quant à la qualité de l’eau ou à la profondeur exacte. Si ça se trouve on a frôlé la mort plus d’une fois mais comme je l’ai dit à toute ma famille je reste prudent c’est évident !!

 

            Le retour s’est passé sans aucune anicroche, 15h de route, un clou de 10 cm dans le pneu arrière gauche, le sandwich-omelette qui nous avait tant plus à l’aller, la nuit à M’Baïki et l’arrivée à 8h30 le mercredi matin. Juste le temps de prendre une douche et un petit déj bien mérité et j’étais à l’heure à mon rendez vous à l’Alliance française. Est-ce que ce n’est pas la classe ? Le professionnalisme incarné oui !!

 

            Donc en conclusion et bien à Bayanga il faut bien y aller pour voir les animaux car c’est quand même exceptionnel d’être sur le territoire d’éléphants, de gorilles, de singes, d’antilopes, de buffles, de léopards (que je n’ai pas vu) et de s’avoir que ces animaux sont heureux car en liberté. Qu’ils ne souffrent pas comme on peut les voir en zoo. Il faut y aller car en tant que Mounjou, j’ai vécu des moments énormes à marcher dans la forêt tropicale, dans un silence religieux je le répète, à rencontrer des pygmées et à échanger (un peu) avec eux sur leur mode de vie. Ils sont complètement intégrés dans l’économie touristique de Bayanga, qui ne pourrait d’ailleurs pas vivre sans eux. Par chance « les grands frères » l’ont compris et les respectent car ce n’est pas forcément le cas partout. Ce qui est génial aussi, c’est que comme j’ai été coincé avec les mêmes quatre personnes dans le 4x4 pendant plus de 30h… et bien Bayanga fut aussi une aventure humaine. Ici à Bangui, on fréquente souvent les mêmes personnes et c’était agréable de les voir dans un autre contexte. Bayanga fut une véritable bouffée d’air qui continue de motiver pour la suite. Personnellement je réfléchis à mon prochain voyage, probablement vers la savane-boisée du nord pour aller voir des éléphants plus grands, des lions, des rhinocéros, des girafes,… Ou peut être l’escalade du Kilimandjaro… Enfin… je vous laisse imaginer !!



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