L'oeil de l'éléphant

Le deuil du voyage

21:04, 4/01/2011, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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A mon retour de France j'avais mis quelques jours à ranger toutes mes affaires. Mon linge sale a filé illico au panier qui lui est destiné, les valises sont retournées dans les placards, les produits frais ont filé dans le réfrigérateur mais j'ai consciemment laisser traîner quelques livres, des papiers, mon passeport, les produits non-périssables un peu partout dans l'appartement. Il n'était pas dérangé, il était simplement habité. Ces objets sont restés les souvenirs les plus palpables de mon séjour, une sorte de souvenirs palpables, qui me rappellent que j'étais bien en France la veille..., le week-end précédent..., la semaine dernière... et puis j'ai rangé ces objets à leur place petit à petit. Et mes vacances en France sont restés un peu derrière moi.

 

Là pour mon retour du Bénin les choses ne se passent pas de la même manière, cela fait trois heures que je suis arrivé et tout est à sa place... les nouveaux objets en ont trouvé chacun une et du coup ce sont eux qui me continuent à faire vivre mon voyage. La statuette en terre cuite est posée bien en évidence sur la table (elle va bouger encore), la teinture est désormais dans la chambre, dans la semaine j'irai acheter quelques punaises pour quelques soit bien fixée, la toile reprenant une célèbre publicité est bien en place sur la porte qui relie toutes les pièces entre elles et comme ça je ne peux pas la louper. C'est cette toile qui va me replonger dans le Bénin chaque jours pendant quelques semaines et puis... peu à peu la toile se dissimulera dans mon quotidien et le Bénin ne sera plus en souvenir apparent. Il faudra que je m'y replonge volontairement, soit en relisant mon carnet de voyage, soit en consultant mes photos. C'est la dure loi des voyages, celui que je vis actuellement en Centrafrique finira aussi comme ça, le voyage au Bénin faisant parti de ce grand tout...

A propos de grand tout je me suis rendu compte en plaçant mes nouveaux « bibelots » que mon appartement s'est déjà rempli, au fil du temps et par petites touches, de toutes sortes d'objets glanés au fil de mes « aventures ». Arrivé en septembre 2009 dans ce grand appart vide, il l'est déjà beaucoup moins, je l'ai aménagé, je l'ai choyé, je l'ai décoré, je l'ai aussi un peu usé (telles ou telles marques sur les murs sont le résultat du déplacement des meubles, des mes traces de mains pas toujours propres, de la salissure naturelle due à la poussière de latérite, etc.). Cet appartement est déjà l'endroit dans lequel j'ai passé le plus de temps depuis maintenant plus de sept ans, bien qu'il ait appartenu à plusieurs dizaines de personnes je le considère pourtant comme le mien. On s'est apprivoisé tout les deux car au début ce n'était pas évident, il était grand, sale et vide. Désormais les rideaux que j'ai installé lui vont à ravir, les plantes qui le parsèment sont à l'aise comme si elles avaient toujours été là. On dirait même que les tableaux qui habillent les murs ont été faits pour cet appart. Dire que dans quelques mois il va falloir que je le rende, que je laisse les meubles, que je vide les placards, que je laisse les plantes (oh mon aloes (la même plante que les shampoings à l'aloé-verra) qui était toute rikiki quand je l'ai planté et qui maintenant a fière allure).

Les souvenirs se font palpables pour finalement n'être qu'une petite image qui revient de temps en temps nous refaire voyager. Les objets, comme les photos, permettent cela... voyager là où on a déjà été, s'y replonger et y puiser encore un peu de ce bonheur extra-ordinaire (au sens premier du terme) que l'on a ressenti. Je suis chanceux d'avoir pu voyager dans ce merveilleux pays qu'est le Bénin, je suis encore plus chanceux de pouvoir vivre en République centrafricaine. Voilà déjà plus de quinze mois que j'y suis et c'est tellement enrichissant. Pour cette expérience je n'aurai pas besoin de souvenirs en boîte pour me remémorer tout ça. Je me vois vieillard radotant dans un rocking-chair, parler de ma vie à Bangui à qui veut bien l'entendre. En même temps c'est déjà ce que je suis en train de faire... bien du plaisir à ceux qui seront à mes côtés.

Ps : au fait, bonne et heureuse année à tous ; que la joie, l'amour et la santé vous accompagne en 2011. Que la paix soit le but principal de chacun surtout en période d'élections...

 



go back to life

22:22, 5/12/2010, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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Papier découpé venant de Chine - Bonheur

Voilà donc trois semaines que je suis rentré de congés qui eux mêmes ont duré plus de trois semaines. Cette parenthèse était bienfaitrice, au final j'étais triste de quitter la famille et les amis mais j'étais finalement content aussi de retrouver mon chez moi, Bangui. Qui l'eut cru ? Dans toutes les expériences d'expatriation il semble y avoir ce moment d'adaptation plus ou moins long. Apparemment cela se mesure en fonction de la durée même du séjour. On bascule de l'autre côté à peu près au moment de la moitié. Pour ma part ça coïncide à ça. Vers le mois d'août j'ai pris pleine possession de tous les bons côtés de ce que je suis en train de vivre. J'ai passé un an à me dire que mon expérience centrafricaine correspondait à une parenthèse dorée, je réalise aujourd'hui qu'il ne s'agit entièrement d'un moment de ma vie, pas seulement d'un «abstract » (désolé je n'ai pas le mot en français... oh l'autre... style il gère mieux l'anglais que le français...). J'ai donc longtemps pensé que mon séjour à Bangui n'était qu'un passage obligé pour réaliser mes objectifs de vie (vous savez les « bon boulot », «gentille femme », « belle maison », « grosse voiture » et « petit appart ») et bien finalement non, la vie n'est pas obligé d'être ça. Elle peut être aussi vie tranquille en Afrique. Un travail intéressant (qui a ses bons et ses mauvais côtés), un quotidien riche de rencontres et de bons moments, une vie personnelle épanouie (amis, amour, famille), des voyages, des introspections, des moments aussi un peu dur, un peu de charité et un peu d'égoïsme et le tout fait que finalement je suis bien là où je suis et que maintenant que je suis à un peu plus de neuf mois de mon départ et bien je me dis qu'il faut que je continue à en profiter car je ne sais pas de quoi après-demain sera fait. Oh là, je ne me mets par la rate au court-bouillon (tiens un mot pour le jeux du « je te passe le corbillon !!), je ne suis pas pressé de savoir ce que je vais faire après mon contrat à Bangui, juste je prends le temps. On verra bien, quoi qu'il en soit la vie est belle et douce à Bangui et je vais faire en sorte qu'elle le soit jusqu'au bout.


 

 

La fin de l'année va désormais être marquée par la reprise du boulot concernant les bibliothèques de Bangui. Ces derniers mois ont plutôt vu mon travail consacré aux différentes festivités du cinquantenaire de l'indépendance (article à venir). Désormais il va être question de référencer toutes les bibliothèques de Bangui, d'identifier tous le personnel et d'essayer d'en faire quelque chose et de montrer que les bibliothèques c'est quand même important et qu'il ne faut pas les abandonner sur le bords du chemin du développement... (oh que c'est beau !!). Donc prochainement dans le blog du gros, du lourd et de l'insensé avec des révélations sur « Gus le bibliothécaire centrafricain !! » avec des scoops et des images chocs de la vie difficile des bibliothèques !! A suivre...

 

 

 



Ps : ce soir je suis allé à la kermesse de Bonga-Bonga. Elle commence à la fin du mois de novembre et va durer jusqu'en janvier. Le principe de la kermesse c'est le même que celui des bars et des petits méchouis placés à côté (comparable aux maquis d'Afrique de l'ouest). Sauf que là, la plupart des bars de Bangui se payent un emplacement. La kermesse c'est donc un grand espace qui est entourée de dizaines de petits emplacements où l'on peut boire avec au milieu des vendeurs de nourriture (méchouis de bœuf ou de cabri, poulets grillés, chikwan (pain de manioc), vendeurs de petites confiseries et de petits gâteaux, appremment il y a aussi de la barbe à papa et j'ai cru apercevoir des jus de fruits frais mais là c'était fermé. Il y a aussi quelques jeux (balançoires, jeux de flechettes, baby-foot, jeux vidéo (playstation 2) et encore bien d'autres trucs que je n'ai pas vu. Le clou de la soirée (qui semble quand même laissé la plupart des visiteurs indifférents c'est le grand podium qui est sponsorisé par les opérateurs téléphoniques à tour de rôle. La semaine dernière il y avait Orange et là il y a une nouvelle compagnie Azur (qui est en fait la résurection de la dernière qui avait fait faillite). Bon en fait on vient pour passer un moment tous ensembe et chacun des emplacement propose tous une formule : bière ou jus (ce qu'on appelle soda) et parfois certains de quoi manger (plats locaux faits de manioc et de feuilles de koko, bananes plantains,...). Et ce soir j'ai voulu prendre du sauté. J'ai donc demandé à la serveuse s'il s'agissait de sauté de bœuf ou de cabri. Elle dit alors qu'il s'agit de tripes. Je fais la grimace, elle me demande pourquoi et lui explique que je n'aime pas les tripes. Je lui demande donc ce qu'elle a d'autre et me dit qu'elle a du Yabanda (feuilles de koko), je lui demande de nouveau avec quoi il est (poisson fumé ou viande sautée) elle me dit que c'est avec de la viande ce soir, alors j'ai dit banco. Une fois le tout préparé, elle nous apporte les plats et que vois-je ? Du Yabanda avec des tripes... bon... voilà... quoi... ce soir, comme souvent, je n'ai pas compris.

 



Les Nganga : sorciers d'Afrique centrale

21:43, 18/07/2010, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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Dans le cadre des mes travaux sur la commémoration du cinquantenaire de l’indépendance de la République centrafricaine, je me suis penché sur un mémoire de recherches en Histoire, soutenu en décembre 1986 à l’Université de Bangui. Comme son titre l’indique « L’Oubangui-Chari et la deuxième guerre mondiale 1939-1945 », le sujet parle en partie de ceux que l’on appelle aujourd’hui les anciens combattants, les Tirailleurs de l’Oubangui-Chari.

Dans la troisième partie de son étude, l’auteur consacre une partie au bilan des pertes humaines. En voici un petit extrait, je le livre en partie remanié car le style était vraiment trop lourd, par pure moquerie j’ai gardé les passages très maladroits. Mis à part la forme, derrière les paroles de l’apprenti historien, on trouve une des réalité quotidienne de la Centrafrique.

« Si l’Oubangui-Chari avait perdu seulement 871 tirailleurs pendant la deuxième guerre, cela démontre réellement la valeur, le courage, la bravoure et la technique adoptée par ses éléments. Or en défendant les intérêts de la France, ces gens avaient pensé d’abord à sauvegarder leur peau.

Pour nous, ce chiffre parait étonnant. Mais pour ceux qui avaient combattu sur les terrains, cela ne les avait pas étonné.

D’après certains anciens combattants, la plupart des Oubanguiens et certains ressortissants congolais, tchadiens, gabonais et camerounais qui étaient revenus saints (sic.) et saufs dans le pays avaient des pouvoirs dont le plus connu était le « MOBAYA » ou « KIFI ».

Doués de cette force surnaturelle, les combattants évitaient aisément les dangers et les embuscades.

 

Pour les possesseurs du « Mobaya », l’essentiel était de tuer. Mais lorsque le combat devenait coriace, dur et acharné, ils se métamorphosaient en oiseau, en termitière ou en arbre pour se protéger. Ils apparaissaient dans le camp après deux ou trois semaines pour dire à leurs supérieurs qu’ils ont été faits prisonniers et qu’ils s’étaient évadés du camp ennemi.

Ils étaient également habiles dans l’art de déplacer une blessure d’une place mortelle à une simple partie du corps. Il existe plusieurs sortes de ce fétiche :

-Le « Mobaya simple » qui consiste à réduire ou à faire déplacer une blessure grave d’une place mortelle en tapant sur la plaie. Celui-ci est le plus utilisé encore aujourd’hui par certaines personnes. Cette pratique ne dépend d’aucun interdit.

-Le second qui est un peu compliqué, consiste à enlever toutes les entrailles que l’on place dans un canari (pot en terre cuite) bien travaillé dans lequel on a mis des fétiches (feuilles, écorces,…) qui permettent de renforcer les entrailles. Ce canari est alors placé sous la surveillance de la femme légitime, la confidentielle (note de Gus : en fait c’est la confidente qu’il veut dire). Cette pratique était utilisée par les Anciens car elle nécessitait beaucoup d’interdits (note de Gus : car il faut respecter scrupuleusement les règles de la magie).

La bonne marche de cette pratique dépend du bon caractère de la femme à qui on a confié cette mission de surveillance. En cas de négligence, le possesseur de cette pratique mourrait sur le champ.

 

Une discussion entre deux anciens combattants nous a bien confirmé l’existence de ce fameux « Mobaya » ou « Kifi ».

Un soldat traitant l’autre de lâche car étant possesseur du pouvoir, ce dernier n’avait pas combattu activement sur les fronts comme ses camarades, il avait préféré se camoufler pour éviter le combat lorsque cela était devenu critique. D’une manière générale, c’était ce « Mobaya » qui avait fait la force et la valeur des Noirs pendant cette guerre ».

 

Voilà pour la petite histoire, ce n’est pas surprenant que l’auteur ne mette jamais en cause la pratique de la magie car en République centrafricaine cela est reconnu aux plus hauts niveaux de l’Etat. De nombreuses associations défendant les droits de l’Homme se sont élevés récemment contre le maintient du crime de sorcellerie dans le nouveau code pénal centrafricain. Le crime de sorcellerie punit ceux qui utilisent leurs pouvoirs pour faire du mal. C’est ainsi que de nombreuses personnes sont arrêtées et jugées, parfois tout cela ne passe pas entre les mains de la justice d’Etat mais c’est effectué par la population. Les lynchages et les tortures sont monnaies courantes. Bizarrement ce sont toujours les plus vulnérables qui sont condamnés, jeunes filles ou vieilles femmes. Certaines querelles de voisinage se règlent de cette manière et les accusées se voient au mieux exclues. La magie est souvent le meilleur moyen d’expliquer ce que l’on ne peut accepter.

 

J’ai deux combles du comble à vous proposer :

-Certains médecins officiant dans les hôpitaux de Bangui ne prennent pas la peine d’aller voir eux-mêmes un médecin quand ils sont malades, ils se réfèrent au « Nganga » (un équivalent du marabout).

-Une affaire de sorcellerie a été amenée devant un tribunal. Une femme était accusée par ses enfants d’avoir tué son mari dans son sommeil à l’aide de ses pouvoirs. L’argument de l’accusation : LE MARI ETAIT BIEN PORTANT EN ALLANT SE COUCHER. L’argument de la défense : LE MARI AVAIT PLUS DE 80 ANS !!!

 



Rien que la poussière qui poudroie...

15:38, 12/07/2010, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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Aujourd'hui c'est la finale de la coupe du monde de Football. Je suis partagé entre une passion née en 1998 alors que j'étais tout petiot et un rendez-vous à prendre une fois tous les quatre ans.

Après être passé complètement au travers de la compétition (j'ai regardé trois matchs (même pas en entier en plus)) je me suis dit dans le week-end que ce serait quand même un bon moment à passer en compagnie d'autre chose qu'un bouquin ou de mon ordi. Du coup je me suis motivé à sortir à 19h10, soit 20 minutes avant le début du match.

Le tonnerre gronde et les éclairs éblouissent le ciel, je m'habille mais la question fondamentale demeure... est ce que je prends la moto ? Le verdict tombe... non... ce soir je me rends à pied à ma destination (une fois n'est pas coutume). Je descends donc mes escaliers et pénètre la rue. Oui je pénètre car à cette heure là il y a délestage (coupure d’électricité) et nous ne sommes que deux à agir sur le bitume : l'orage et moi... Il est plus de 19h et il n'y a personne dans la rue Mobutu, pas un bruit à part la rage du tonnerre, même les habituels vendeurs de Kangoya (vin de palme) et d’alcool de Maïs/Manioc en bas de l'immeuble ne sont pas là, ils doivent se protéger du mauvais temps qui s'annonce. Qu'à cela ne tienne, je continue mon chemin.

Je descends donc la rue et arrive au niveau de PK 0. Le rond point est habité depuis un mois par les spectateurs, chaque jour de match il y a eu un concert suivi de la diffusion de la partie. Ce fut une belle idée de retransmettre sur grand écran les matchs de la coupe du monde, mais je dois confesser que l'ambiance n'a rien de folichonne. J'y ai vu quelques bouts de matchs, notamment le quart de finale du Ghana contre l'Uruguay. Et bien, j'étais presque le seul à croire aux chances du Ghana (et pourtant, c'est vraiment parce que j'étais sur le sol africain et que je cherchais une raison de soutenir une équipe), le public centrafricain est bien défaitiste ; presque tout le monde supportait la dernière équipe africaine en lice et pourtant en regardant la séance des tirs aux buts je n'ai ressenti aucun frisson. C'est comme ça, du coup en descendant la rue, je décide de ne pas rester à PK 0, je continue sur l'avenue Boganda et m'arrête au Satis. Ce bar-lounge fait partie des ambiances de Bangui les plus agréables pour moi. Il ne casse aucune brique, ni aucune patte à aucun canard mais je m'y sens bien. C'est donc là que je vais vivre le moment historique de l'Espagne.

 

Le match n'était qu'un prétexte, je n'aime pas spécialement le foot mais ce que j'aime c'est vibrer pour du beau jeu et des buts. Le football n'offre plus ça depuis des années et je regrette l'absence de diffusion du rugby et du handball à la télé. Enfin ce soir c'est football et depuis le départ de mon acolyte Sylvain, c'est seul que je vais le vivre. Tant pis, j'assume, c'est très agréable aussi de faire les choses seul et juste pour soi. Alors ce soir c'est donc en toute discrétion que je m'installe au comptoir du Satis, là où je vais passer le temps. Au menu, match de football, bières (33’ export), frites et brochettes de bœuf. Au bout du compte le plus décevant fut le match, je me promets alors de renouveler cette expérience tout à fait particulière de passer une soirée tout seul au milieu de gens, tous seuls également. La soirée fut bonne avec la complicité certaine de Florine, la serveuse, les moqueries des voisins complètement chauvins pour des pays qui ne sont pas les leurs et qui n'hésitent jamais à ouvrir leur grande bouche pour placer le mot de trop, les commentaires de ceux qui souhaitent à tout prix avoir un avis sur tout... Mais ça fait aussi partie du charme de la soirée dans un bar.

Il y a quand même eu un moment douloureux. Autant je rend grâce chaque jour à la patience des personnes que je côtoie autant il y a toujours des lésés. Je m'explique : comme depuis septembre dernier (date de mon arrivée à Bangui) il y a des imprévus qu'il faut savoir anticiper. Ce soir il y avait donc l'orage, prévoyant je laisse la moto de côté et décide de délaisser le bar de quartier pour le bar qui aura une groupe électrogène en cas de coupures intempestives. C'est ce qu'il est arrivé et ce à plusieurs reprises, imaginer un moment en France, où que vous soyez, une coupure de courant qui vous prive de quelques précieuses dizaines de minutes d'un match... C'est bon... Vous y êtes ? C’est l’hallali, tout le monde cris et jure de ne plus jamais remettre les pieds dans l’établissement. Et bien ici les coupures sont très fréquentes et du coup tout le monde reste calme au comptoir, c’est drôle de rester 5 minutes dans le noir complet, pas un seul mot dans le bar, on entend les serveuses aller et venir mais c’est tout. Le groupe électrogène se remet en marche et on reprend presque là où on s’était arrêté. Par contre à PK 0 il n’y a pas de groupe électrogène pour voir le match sur grand écrans qui, malgré avoir résisté à la pluie, ont dû se replier à cause de la coupure de courant (au moins 30 minutes en plein milieu du match). Une des principales inégalités se trouve là... entre ceux qui ont un groupe électrogène et ceux qui n'en ont pas, à cela s'ajoute une catégorie de gens qui cherchent la lumière produit grâce au pétrole, à l'image des papillons voletant inlassablement vers l'ampoule (à mon tour d'être un papillon de nuit). Au final, cette soirée restera en moi pour le plaisir que j'ai ressenti de la passer en ma (presque) seule compagnie. C'est tout à fait égoïste et alors... Merci quand même aux footballeurs pour le prétexte fourni d'aller boire une bonne bière seul dans un bar sans complexe !!

 

PS : finalement l'ambiance centrafricaine n'aura jamais agrémenté cette coupe du monde. Je retiens seulement les provocateurs, supporteurs des mexicains et uruguayens qui se sont manifestés à l’arrivée des blancs que nous étions !! Sans juger, je constate simplement de la sympathie que renvoie la France ces derniers temps, pas seulement d'un point de vue footballistique...



Au dela de l'anecdote...

09:23, 19/06/2010, Bangui .. 0 commentaires .. Lien
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Poste avancé de Kolongo

 

Un élément du Sergent-chef Towa perd son kalachnikov dans l’Oubangui

 

Un poste avancé du service amphibie est ouvert longtemps au bord de l’Oubangui, auquel est jumelé le service des Eaux et Forêt, pour contrôler les flux et mouvements des biens et des personnes sur ce fleuve au niveau de Kolongo.

 

Quoi de plus normal ! Quand on sait qu’à ce jour, beaucoup de choses peu orthodoxes se déroulent sur l’Oubangui, de jour comme de nuit. Cependant, l’expérience a démontré que les éléments affectés là, n’y vont pas toujours avec la conscience professionnelle mais y mettent beaucoup d’eux-mêmes, histoire de s’en mettre plein les poches, comme d’habitude partout où on les place, au nom de la République.

Et donc, dans la nuit du lundi à mardi 15 juin, il s’est passé quelque chose sur la rivière, qui a failli tourner au drame. Des vendeurs détaillants de bois blanc sous forme de planches revenaient de l’autre côté de la rive avec une grande pirogue pleine de bois blanc. Ces revendeurs voulaient certainement remonter la rive pour éviter le contrôle qu’ils estiment intempestif, mais ils étaient déjà dans le collimateur des éléments des forces de l’ordre.

Il est 20 heures, quand le Sergent-chef Towa, instruit son élément pour aller contraindre les fugitifs de ramer vers le poste. Mais le soldat était éméché et ronflait bruyamment. Réveillé brusquement, il se lève mais se retrouve par terre, parce qu’il n’a pas d’équilibre. Le soldat se relève de nouveau, se saisit de son kala et monte dans la pirogue qui quitte le débarcadère en direction de la pirogue en fuite.

Une fois non loin de l’embarcation, le soldat somme les occupants d’immobiliser leur pirogue, mais ces derniers semblent faire de la résistance en continuant d’actionner leurs pagaies. Mais la petite pirogue rapide ne tardera pas à rattraper l’autre en même temps que le soldat qui s’est levé subitement, sans tenir compte de la capacité de la pirogue qui l’embarquait. Le reste s’est passé très vite.

Comme tout à l’heure sur la terre ferme, le soldat très nerveux tangue et tente de reprendre son équilibre en vain. Comme le font les équilibristes, il étend ses deux bras de part et d’autre de son corps, tel un oiseau qui plane pour se donner plus d’équilibre, mais notre soldat n’est pas en symbiose avec les mouvements de la pirogue et lâche son kalachnikov qui disparaît sous les flots par un plouf !

Pour un soldat, il n’y arien de plus grave au niveau de la hiérarchie que de perdre son arme de service. D’emblée, le soldat écarte de lui l’idée de plonger pour récupérer l’arme, car non seulement il ne s’y connaît pas en nage, mais l’eau est très profonde à ce niveau. Au risque de plonger pour ne plus ressortir, il s’assoit et demande au jeune piroguier de le conduire à la berge en même temps que l’autre pirogue poursuit son bonhomme de chemin, s’éloignant doucement…

A partir de ce moment, l’opération de recherche est déclenchée et une récompense est mise en jeu pour la personne qui retrouvera cette arme. […]

Le haut commandement, informé, débarque à Kolongo pour se rendre à l’évidence. Rien à faire, notre soldat devenu lucide et juste, depuis cette perte est immédiatement embarqué et mis au frais en attendant le reste de la procédure.

J.C.Z – Le citoyen N°3399 du 17 juin 2010

 

 

"La presse se déchaîne en ce moment, les journalistes (enfin si journalistes centrafricains il n'y a jamais eu) multiplient les articles. Les journaux sont remplis de faits divers de toutes sortes. Presque pas d'articles pertinents, un style proche de la discussion de comptoir (sans parler des coquilles et des fautes d'orthographes, dans un article mon supérieur est devenu Didier Deschamps (le prénom n'est évidemment pas le sien). Les articles sont nombreux à taper sur l'étranger, quel qu'il soit. On peut le lire à toutes les sauces et cela surgit au milieu de rien, c'est un défouloir résultant d'une victimisation à outrance, c'est toujours de la faute de l'autre. Pourtant la presse a une certaine liberté de ton ici, c'est dommage qu'elle n'en profite pas. J'ai lu un article retraçant l'historique de la coupe du monde de football, le dactylo n'a même pas été capable de recopier de manière juste l'article wikipédia".



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