L'oeil de l'éléphant

Still on the road

19:39, 6/02/2011, Département de l' Atakora .. 0 commentaires .. Lien
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La journée du mercredi matin démarre sur les chapeaux de roues, levé aux environs de 5 heures on constate que l'eau est revenue dans la nuit et on est plusieurs à se battre pour pouvoir bénéficier de l'eau courante. La nuit a été étouffante et ce n'est pas la douche au seau de la veille qui a permis de se dépouiller des restes du voyage en avion. Donc dès l'aube nous courrons dans l'appartement de notre hôtesse pour se laver, petit déjeuner et prendre toutes les affaires nécessaires pour notre petit périple. Donc c'est vaillamment équipé que nous montons dans un véhicule conduit par un ami de Jessica pour nous amener à la gare routière de Cotonou. Le soleil est déjà bien levé et c'est à fond de cinquième que notre 4x4 zigzague dans les rues de Cotonou en jouant constamment du klaxon pour « conseiller » aux autres usagers de s'écarter. Le code de la route n'existe pas pour nous en ce moment et ce n'est malgré tout pas très rassurant. Le chauffeur nous dépose, on récupère les bagages et on suit Jessica qui se dirige vers un beau bus tout jaune. On avait rigolé la veille en imaginant un car climatisé, tout confort avec même une télé... et bien c'est exactement ce qu'on a eu. Je m'attendais à un car d'un autre âge, ayant déjà eu 10 000 vies et portant les stigmates associés avec la carrosserie enfoncée, des vitres complètement rayées, une grille protégeant le radiateur absente, des sièges en bois plutôt qu'en mousse,... et bien non. Un bus comme j'en ai si souvent pris pour le transport scolaire avec clim', télé, sièges en mousse et même des ceintures de sécurité. Donc voilà le mythe du voyage du baroudeur qui s'envole complètement. Mais bon, personne ne s'est plaint puisqu'avec les 10 heures de route qui nous attendent on préfère largement être dans ces conditions là.


Le bus est par contre complètement plein, il ne part cependant pas tant que tous les sièges n'ont pas été vendus. C'est plutôt rapide et c'est dès 6h15 (départ prévu à 6h) que nous démarrons. La sortie de Cotonou me laisse un drôle de sentiment, on est complètement happé par les embouteillages et c'est assez péniblement que nous sortons de la ville. Le code de la route est quand même quelque chose qui a son utilité et c'est avec beaucoup de peine que nous nous extirpons du trafic et nous engageons sur la route d'Abomey. La route est comparable a ce que l'on trouve en RCA, le macadam y est troué et les véhicules ziguezaguent pour les éviter. De nouveau à fond de 6ème (en car) nous volons littéralement au dessu des trous. Le chauffeur semble s'être engagé dans une sorte de course contre les autres compagnie de transport... c'est au premier qui arrivera à la ville étape puis à la ville arrivée... Du coup à plusieurs reprises nous frôlons les motos taxis (zemidian), les marcheurs et les animaux qui occupent également la route. Le klaxon est constamment en action pour avertir tous ces gens du danger de notre arrivée.

Halte routière de Bohicon

Quelques étapes sont programmées, la première est une pause aux alentours de 10 heures, histoire de faire une halte sanitaire. C'est l'occasion pour moi de faire mes premières vraies photos du Bénin, un petit marché aux alentours de Bohicon, un marché fait conçu pour les haltes des compagnies de transport, au menu, des fruits, des beignets, du bissap (sirop d'osier), des yaourts glacés, du fromage peul (j'en parlerai plus tard), et toute sorte de choses...

La route reprend et se passe sans embuches, nous roulons tranquillement vers notre destination : Natitingou, ville importante à 700 kilomètres de Cotonou. Nous arrivons vers 16 heures et montons illico dans le 4x4 qu'a réservé Jess' qui nous amène en plein cœur de l'Atacora... De nouveau sur la route nous filons au soleil couchant sur la piste de latérite entre les majestueux baobabs, la chaine montagneuse de l'Atacora et les tata sombas en toile de fond. Pour les baobabs et les montagnes je voyais un peu de quoi il s'agissait mais le tata sombas sonnait complètement incognito. On nous a expliqué qu'il s'agissait d'une habitation à mi-chemin entre la villa romaine (qui est organisée autour d'un foyer centrale) et un château fort (de ce que j'ai pu voir de loin). Donc franchement ça laissait un peu perplexe mais la visite un peu plus précise a révélé un patrimoine fabuleux, vieux de plusieurs centaines d'années (et protégé au patrimoine mondial de l'Unesco).

Un tata sombas sur la route entre Natitingou et Boukoumbé

Je vais être assez mauvais pour expliquer en quoi consiste précisément le tata sombas donc je laisse cela à la prochaine note de blog.

Baobab

Nous continuons notre route au soleil couchant et arrivons en plein cœur du pays des tatas. La nuit est prévue justement dans une de ces habitations pittoresque, c'est un truc pour touriste qui est fait en béton mais on y est bien reçu et c'est l'essentiel. Nous dinons donc à la belle étoile avec un plat sans être traditionnel est typique (à par la graine je ne me souviens plus de ce que nous avions dans nos assiettes), par contre je me souviens bien de la boisson que l'on nous a servi, il s'agissait de bière de mil qu'on appelle par là bas « tchouk-tchouk », c'est servi dans des calebasse et c'était très agréable de goûter un peu à du 100% local. Les grains du mil sont séchés sur les tatas (non vous ne saurez pas à quoi ça ressemble) et fermentés (comme la bière en fait). Il perdure une amertume un peu plus forte que nos bières d'orges mais ça restait rafraîchissant et c'était bien le principal. La couleur, comme celle du mil était orangée et c'était assez curieux pour mes yeux de non-expérimentés. Une fois le repas consommé nous sommes allés dormir et là... ça fait partie des moments qui gravés dans l'esprit pour toute la vie.

Le soleil couchant et la poussière de l'harmattan

Nos chambres se trouvait donc sur le toit du tata et la douche également. Les chambres étaient de toutes petites pièces où l'ont ne pouvait mettre qu'un matelas deux places avec quelques fenêtres moustiquées (j'entends protégées par une moustiquaire mais je me rends compte que ce n'est pas très clair) et une porte juste suffisante pour que je puisse m'y faufiler en rampant. L'espace qui reliait toutes les chambres était à la belle étoile ce qui fait que lorsque l'on s'est couché nous avions le corps au chaud mais les yeux et la tête dans les étoiles, la nuit fut fantastique car l'air frais venait ventiler la chambre. Et plus encore que les yeux dans les cieux (mate la rime !!) c'était la douche en plein air, enfin le seau d'eau plutôt, que c'était agréable d'être nu, le corps offert au vent frais et l'eau tout aussi fraîche avec pour voyeurs la totalités des astres du ciel... il y avait un sentiment de plénitude, d'appartenir complètement au monde, indescriptible.

 



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