L'oeil de l'éléphant

Noël en tongs

23:09, 29/12/2011, Kibuye .. 0 commentaires .. Lien
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Il y a eu un petit silence de ma part pour deux raisons. La première c'est que depuis début décembre j'ai de la visite et que je n'ai pas pris le temps d'écrire pour que l'on passe le plus de temps ensemble. La deuxième c'est qu'à dire vrai je suis un petit peu inhibé sur les sujets que je pourrais explorer. J'ai une très grande crainte de ce que je pourrais dire, un petit peu de paranoïa et j'ai besoin de prendre beaucoup de pincettes et de recul sur les sujets que je souhaite aborder. De deux façons, la première concerne bien évidemment l'histoire récente de ce pays. Quand on pense au Rwanda, on pense forcément au Génocide et il est important que cela ne soit pas le seul prisme par lequel on observe ce pays. J'y reviendrai plus tard. La seconde m'est plus particulière, en effet après deux ans passés en République centrafricaine je m'efforce d'avoir un œil neuf sur la vie que je découvre ici au Rwanda. L'objectif de ce blog est de parler de moi bien entendu mais aussi d'essayer de faire découvrir les endroits que je visite en essayant d'être objectif, en évitant les généralités, les clichés et les maladresses sur les cultures que je découvre. Je ne veux pas essayer de comparer à tout prix le Rwanda et le Centrafrique donc... là encore, wait and see...


Bon tout ça pour dire quand même que j'ai souhaité prendre du temps avant d'écrire sur la vie, la ville et mes découvertes au Rwanda. Mais je pense que maintenant que cela fait un mois et demi que je suis arrivé, que j'ai déjà passé un peu de temps en dehors de Kigali je vais pouvoir partager un peu plus librement mes impressions.

Cela commence donc avec la fête de Noël. Quitte à ne pas passer Noël dans le froid et dans les lainages et comme j'avais passé mes Noëls 2009 et 2010 au bord de l'eau, de la Lobaye plus exactement ; je me suis dit que ce serait pas mal de continuer à faire la nique à tous ceux qui sont dans le givre et sous la neige. C'est pourquoi nous sommes partis à quatre au bord du Lac Kivu. Ce lac immense et méromictique (hé hé hé, oh oh oh) qui fait partie de la Région des Grands Lacs sert de frontière entre le Rwanda et la République Démocratique du Congo sur les neuf/dixième de la frontière ouest.

Ce samedi 24 décembre ma visiteuse et moi nous sommes levés vers 6 heures afin d'être à la gare routière vers 7h30. Quelle ne fut pas ma surprise quand, ouvrant les rideaux, nous vîmes un brouillard à couper au couteau juste devant nos fenêtres. Il ressemble en tous points à un beau brouillard de montagne (je rappelle que Kigali est situé à 1 500 mètres d'altitude), le genre de ceux qui s'éternisent au fond des vallées et qu'à partir du moment où l'on commence à grimper on voit un immense ciel bleu. C'est presque ce que nous avons eu, presque car quelques kilomètres à peine s'être mis en route en minibus, le soleil a fini par percer vraiment et le brouillard s'est dissipé. Je n'ai donc pas vraiment pu profiter de cette position envieuse que l'on peut avoir lorsque nous sommes au sommet d'une colline et que l'on regarde de façon narquoise les pauvres gens vivant dans la vallée juste en dessous de nous, complètement embrumés.

La route entre Kibuye et Kigali est une belle route de montagne. Ça monte, ça tourne à gauche, la roche est proche, ça descend, on vomit, on tourne à droite, le vide est juste sous les roues, on double sans visibilité, on klaxon, on a une belle frayeur et finalement on arrive après trois heures qui sont passées plutôt vite tellement le paysage est magnifique. Des collines partout, tout le temps, des grandes, des petites, des vallées, des vallons, des ruisseaux, des torrents, des rivières, des ponts, des rigoles, des petits chemins et une seule route. Une seule route qui traverse ou contourne le relief. Ce relief est absolument tout le temps vert, il est quadrillé par les parcelles cultivées mais tout cela reste vert. Dans ce paysage, une seule autre couleur tranche avec le reste, c'est la couleur des chemins parcourus à longueur de journée et qui a fait disparaître le vert de l'herbe, la couleur terre vire sur le rouge, l'autre frontière brune est créée par les cours d'eau chargés de boue. Dans les creux entre toutes les collines on peu s'amuser à les chercher à travers les réseaux des parcelles de maïs irriguées. C'est fascinant, la totalité de la vue jusqu'à Kibuye est ainsi : parcellée au carré et nivelée à la tôle ondulée par un homme complètement ivre.

 


PS : article austère sans photos ? mais non, il suffit de cliquer ici



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