L'oeil de l'éléphant

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12:21, 20/11/2012, Nyamasheke .. 0 commentaires .. Lien
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UN GUIDE

 

Vers les 10h30 nous casse-croutons sous un magnifique arbre fleuris de mauve et lorsque nous nous remettons en route et nous entamons une petite discussion avec un gars qui fait la même route que nous. Tous les trois en baskets et chaussures de rando, lui en souliers vernis nous adaptons nos pas. A un moment il nous invite à quitter le chemin principal pour nous aventurer à travers champs et rizière, nous le suivons avec confiance car nous apercevons la route de l'autre côté. Il s'agit d'un raccourci qui permet aux villageois de couper et de s'économiser. En dehors des panoramas sur le lac c'est probablement dans ces raccourcis que nous avons observés les plus jolis paysages.

Des petites rivières, des arbres, des champs bien cultivés, des accès au lac privilégiés et toujours autant de cris abazungu venant de partout qui nous font sourire. Nous avançons tranquillement et sereinement malgré le fait que ces raccourcis, même s'ils nous font gagner du temps, imposent des dénivelés proches de l'escalade. En plus de la grimpette nous nous essayons également à l'équilibre. En effet pour franchir des rivières il faut des ponts ; autant nous en trouvons en suivant la route, et même, certain de très bonne facture, autant lorsque nous raccourcissons, les ponts sont plus... comment dirais-je... artisanaux. Cet ainsi que nous nous nous sommes retrouvés à écarter les bras au dessus de plusieurs milliers de millimètres de vide, nos corps simplement supportés par de gros troncs lisses et glissants. Même les plus courageux d'entre-nous y sont allés prudemment, jouant ardemment de l'oreille interne pour survivre.

 

LA ROUTINE

 

Après de telles péripéties nous aspirions à un peu d'apaisement sur le chemin de notre élévation (géographique j'entends). Mais que neni, il était dit que notre Trek ne pouvait être placé sous le sceau de la routine.

Après notre premier raccourci, Cécile a senti comme une gène avec sa chaussure, il s'agissait en fait du décollement petit à petit de sa semelle de basket, sa semelle gauche (la précision est importante). Et ce qui arriva, arriva ! Dans la descente (toujours vertigineuse) de notre deuxième raccourci, c'est la semelle droite qui se détache entièrement. Voici donc notre camarade avec un chausson à son pied droit, et une basket en lambeaux à sa gauche. Ça tombe bien, il ne nous reste qu'à peine une cinquantaine de kilomètres à parcourir. Mais je rassure tous les lecteurs, Cécile n'est pas la seule à avoir subit des problèmes qui ont mis en danger notre expédition. Dimitri aussi a certain soucis avec ses souliers, enfin ses baskets pour être plus correct. Elle lui font mal, du style a créer des ampoules, elles-mêmes du genre à être plutôt conséquentes. Mais je vous rassure encore une fois, je n'étais pas en reste, autant mes pieds allaient plutôt bien, autant ce n'était pas le cas de mon dos. Sur tout le parcours j'ai souffert le martyr (oui-oui), je me suis révélé incapable de régler correctement mon sac-à-dos et là j'ai commencé à voir la faiblesse de notre civilisation (pas moins). Le sac était trop perfectionné et les multiples réglages qu'il proposait m'ont perdu. A chaque fois que je touchais un réglage pour soulager une partie de mon dos, la douleur ne faisait que se déplacer.

Pour résumer, notre routine s'est avérée faite de douleur, de souffrance, de cris, de hurlements et je vais m'arrêter là pour ne pas revivre cette expérience délicate, qui m'arrache de nouveau quelques larmes, rien que d'y penser.

 

DES GENS TRES SYMPATHIQUES

 

A un moment, nous avions faim, plutôt très faim et il nous était très difficile de trouver un endroit où nous installer sans être entouré de gens. Il faut savoir qu'au Rwanda, manger dans la rue ou devant des inconnus n'est pas très poli. Ça on le savait et on voulait s'installer dans un coin où notre impolitesse ne choquerait pas trop. Ce fut quasi mission impossible et à 13h30, alors que la faim nous tenaillait les entrailles depuis déjà de longues heures, nous fumes obligés de nous arrêter et de nous asseoir sur un petit muret, à la vue et au sus de tous. Voilà à quoi nous étions réduits, esclaves de nos plus bas besoins.

Une fois rassasiés nous nous sommes remis en route. Nous avions croisé notre dernier point de repère cartographique et estimions qu'il ne nous restait qu'une toute petite heure de marche avant d'arriver au camp de base. Comme je l'ai souligné il y a quelques lignes, notre chemin a été rythmé par les cris des enfants qui venaient de toutes les collines surplombant la route, certains d'entre-eux couraient même pour aller à notre rencontre. De temps en temps quelques adultes nous saluaient également, nous demandaient où nous allions et nous encourageaient à tenir bon. C'était plutôt agréable, même s'il est vrai que plus nous marchions, moins nous étions loquaces et devions même avoir de drôles d'airs. A tel point que certaines personnes nous demandaient si nous étions fatigués, apparemment nous ne portions pas les stigmates de la fatigue. 

Vous trouverez quelques photos : http://www.flickr.com/photos/sincamile85/sets/72157632053534249/



Survival

13:36, 19/11/2012, Nyamasheke .. 0 commentaires .. Lien
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INSTALLATION ET PREMIER DEPART

Arrivé dans un petit coin de verdure à Nyamasheke, tout au sud du lac Kivu, nous installons notre tente en apprenant que pour les 20 000 FRW (pour nous tous) nous disposons de toilettes, d'eau courante et d'un petit abri. Ravi de ces conditions, mis à part des premiers problèmes avec notre réchaud à pétrole, nous nous endormons tôt, à l'abri et motivé pour la journée du lendemain demain.

A 5h45, les randonneurs que nous sommes se réveillent, telles de petites fourmis habiles et agiles nous nous attelons à chauffer de l'eau (qui ne bouillira jamais), faire un brin de toilettes, petit déjeuner, ranger la tente, laisser propre derrière nous et nous nous mettons en marche. Il est 7h10, nous avons pris un peu plus de temps que prévu mais c'est pas mal. Nous marchons 30 mètres et là, Cécile nous annonce que quelque-chose s'est renversé dans son sac, étant donCa sent le pétrolené qu'elle porte le réchaud nous pensons tous au pétrole. Ça ne manque pas et le dos de notre camarade est trempé, nous retournons donc à l'hôtel pour faire un peu de nettoyage et pour finalement se séparer du réchaud en faisant une croix sur le thé chaud et sur quelques soupes et nouilles pour nos repas du soir. Cette magnifique et enivrante odeur de pétrole nous suivra (surtout Cécile) tout le long de notre parcours.

 

DEUXIEME DEPART

Ayant vu un panneau indiquant le « Congo Nile Trail » juste avant notre camp, nous poursuivons cette route là. Comme il avait un peu plu cette nuit le chemin en terre que nous empruntons est boueux mais pas seulement, il ressemble à une magnifique patinoire, mais une belle, faite pour le patinage de vitesse, presque complètement lisse et uniforme.Rainin in Paradise, c'est donc à toute petite vitesse et à pas mesurés que nous avançons très prudemment. Après une quinzaine de minutes de cette cadence, le chemin s'améliore peu à peu, un habitant nous croise et nous demande où nous allons comme ça, orgueilleusement je lui réponds « Kibuye » (à 60 kilomètres de là, au nord). Dans un Kinyarwanda (langue du Rwanda) excellent il nous fait comprendre que ce n'est pas trop la direction, dans un Kinyarwanda ridicule je lui demande par où il nous faut passer, il nous montre alors la route d'où nous venons. Une rapide observation des lieux s'impose et Dimitri observe très judicieusement que le lac Kivu se trouve à notre gauche et à notre droite, dans le meilleur des cas nous nous trouvons dans un bras de terre. Nous rebroussons chemin et retraversons avec presque plus de dextérité la patinoire qui n'a pas fondu entre temps. Nous remercions chaleureusement notre guide qui nous a évité une trop grande perte de temps.

 

TROISIEME DEPART (et dernier départ de la journée)

C'est à 8h que nous passons devant notre camp de base et posons le pied sur une route fraîchement goudronnée. Cette route est construite par les chinois pour rejoindre les villes de Cyangugu et de Kibuye à terme. Elle sera notre support pédestre pour quelques temps. Nous commençons vraiment. Au programme de la journée c'est une quinzaine de kilomètres, parmi les plus beaux de tout le Trek apparemment. La météo de la matinée : temps gris, pluie fine, température fraîche mais idéale.

Les mètres et le temps s'égrainent sous nos pas, les abazungus (appellation des étrangers) scandent notre marche. Tout le long de cette route bitumée nous rencontrons les différentes étapes de la fabrication du macadam, du terrassement, du nivellement,... La matinée va se passer ainsi, tranquillement, les sacs se faisant lourds mais nous restons stoïques et nous allons à la rencontre de nos points de repères les uns après les autres.

Sud-Kivu     



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