L'oeil de l'éléphant

Photos des gorilles

14:55, 16/06/2012, Ruhengeri .. 0 commentaires .. Lien
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 Voici en ligne sur flickr les photos pour les gorilles  http://www.flickr.com/photos/sincamile85/sets/72157630136245520/ 



Muzungu in the mist (2)

08:43, 13/06/2012, Ruhengeri .. 0 commentaires .. Lien
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 Nous franchissons donc le muret et pénétrons dans cette forêt très très humide. J'ai compris la définition de nombreux adjectifs ce jour-là, comme luxuriant par exemple. A partir de ce muret plus rien n'était comme avant. Nous ne marchions pas sur le sol, nous marchions sur un tapis fait de plantes, de feuilles, de branches et de mousse. Nous ne fendions pas l'air, nous pénétrions la végétation. Nos guides creusaient de véritables tunnels dans lesquels nous nous engouffrions, courbés. Chaque pas, sans nécessiter un effort surhumain de notre part, était l'objet d'un savant calcul pour que le pied ne s'enfonce pas dans les méandres des branches et se retrouve emprisonné dans les insidieuses tiges qui nous entouraient. Chaque avancée se faisait au prix de milliers de gouttelettes d'eau se répandant sur nous, inondant petit à petit nos vêtements. Chaque avancée nous entraînait peu à peu dans un univers alors inconnu, plus sombre, plus humide, hanté par les milliers d'habitants invisibles. Que de fois, les plus grands d'entre nous ont dû démêler les toiles que les perfides arachnides avaient tissées contre nous, que de fois chacun d'entre nous à dû se battre contre les crocs maléfiques des dictyoptères* qui nous grimpaient dessus et qui insidieusement s'infiltraient sur nos peaux et dans les recoins de nos fripes gorgées d'eau. Le pire... le pire... c'était les urticaceae magnae* qui nous arrachaient la peau des chevilles, nous brûlaient et nous faisaient sortir les larmes des yeux. Les larmes nourrissant elles-mêmes l’appétit de tous ces terribles prédateurs.
Cette marche, que dis-je cette marche, ce calvaire, cette souffrance continue, ce chemin de croix... vous vous en doutez n'en était pas vraiment un. Tous ces obstacles que nous avons fièrement surmontés n'étaient pas si terribles. C'était juste suffisant pour donner des allures d'expédition à notre petite aventure.
 
Nous sommes donc montés, naviguant dans cet océan de verdure avec pour seul horizon, la vision bouchée des sommets des volcans au loin. Par chance, la pluie ne s'est pas invitée, la descente aurait été vraiment marrante, ressemblant plutôt à une descente en bobsleigh (dans les tunnels de broussailles). Quand nous sommes arrivés aux gorilles nous avons même eu droit à quelques rayons de soleil.
 
A propos des gorilles, soyons un peu descriptifs. Alors tout d'abord un gorille c'est quand même vachement ressemblant à un homme. Il a beau être un gros malabar tout poilu et tout trapu, quand il se met le doigt dans le nez, qu'il en sort un truc dégueulasse, qu'il le regarde et qu'il se le fourre dans la bouche, ça donne quand même une impression de déjà-vu. Après cette entrée en matière tout en finesse j'ai pas non plus des milliards de chose à dire. Nous sommes restés une heure montre-en-main (pas nous hein, les guides) avec eux. Nous avons pu les observer alors que nous étions à moins de trois mètres d'eux. Juste ça c'est extraordinaire. Et puis on peut les voir « vivre ». Oui j'ai mis les guillemets car nous les avons plutôt vu feignasser en groupe. Les femelles épouillaient le mâle dominant, les petits gorillons tétaient amoureusement les mamelles de leur mère, les moins petits, âgés de quelques années se battaient allègrement au milieu. Notamment un, avait des postures de « t'va'voir ta gueule à la récré », le crochet du droit armé et le poing bien serré. C'était vraiment... comment peut-on dire ? Cocasse ? Instructif ? Curieux ? Amusant ? Édifiant ? Attendrissant ? Envoûtant ? Je ne sais pas, un peu tout ça mais pas trop non plus. En fait, je sais que je viens de vivre une expérience unique, qui ne se reproduira probablement pas. Mais la seule impression qui me vient c'est : « it's done ». Et vous ? Après tous les adjectifs dont j'ai parsemé ce texte, en avez-vous un pour mon attitude ? Blasé ? Ouais, plutôt d'accord.
 
Bon j'ai mis des noms scientifiques pour me faire mousser un peu, hein.
* dictyoptères : termites

* urticaceae : orties 



Muzungu dans la brume (1)

08:38, 13/06/2012, Ruhengeri .. 0 commentaires .. Lien
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Le Rwanda c'est le pays des mille collines, c'est le pays du miel et du lait mais c'est aussi le pays des volcans et des gorilles. Je ne parlerai que de ces derniers parce que les volcans je ne les ai pas vraiment vus même si j'étais à leurs pieds.
 
Donc le dernier vendredi du mois de mai je suis parti en compagnie de six charmantes jeunes femmes passer un petit coucou aux gorilles. Grâce à une organisation sans faille de mes camarades nous limitions les frais déjà conséquents. A savoir que lorsque l'on est touriste au Rwanda, il faut débourser la coquette somme de 500 $ pour avoir le droit d'aller voir les gorilles, c'est 250 $ pour un résident (ce que je suis) et c'est environ 30 $ pour les rwandais. Depuis le 1er juin les prix ont tous augmenté de 50 % et il est prévu une nouvelle augmentation du même montant pour le 1er janvier 2013, cela fera donc 1 000 $ pour les touristes, 500 $ pour les résidents et 60 $ pour les rwandais. Devant cette annonce effrayante nous nous sommes empressés d'acheter nos tickets d'entrée au parc des Virunga.
 
Nous sommes donc partis dès la fin du travail le jeudi pour faire la route en bus de nuit entre Kigali et Musanze (anciennement Ruhengeri), y dormir le soir chez de bonnes âmes fraternelles et prendre la direction du parc le lendemain matin au levé du soleil. Arrivé au point de rendez-vous c'est avec étonnement (et un peu de déception) que je m'aperçois que nous ne serons pas les seuls à aller voir les gorilles ce jour-là. Mais il n'y avait pas beaucoup de monde, une cinquantaine de personne et jamais nous ne les croiserons.
 
Il y a 20 familles de gorilles dans les Virunga, 16 sont conditionnées aux visites, pas plus de 8 visiteurs par famille (sans compter les guides, les gardes et les pisteurs). Et chaque famille à ses particularités et ses lieux de prédilection. Les randonnées pour aller les voir ne sont pas toutes les mêmes et ne requierent pas la même condition physique.
Nous nous sommes tous mis d'accord pour aller voir une famille qui ne serait pas trop loin, mais pas trop près non plus, nous avions également retenu les noms des familles les plus « cool ». Tout ça en vain car il faut aller quémander auprès des guides très tôt, pendant que des danseurs traditionnels « enjoient » les touristes. Raté... sans s'être « enjoyés » nous avons pris le temps de boire un thé (du Rwanda évidemment) et nous nous sommes faits « piquer » la famille que nous avions choisie. Alors du coup nous nous sommes contentés de ce que l'on nous proposait. C'est donc la famille Kwitonda qui nous a été assignée. La famille porte le nom du mâle dominant, Kwitonda qui signifie « calme » en kinyarwanda est le plus vieux des gorilles encore vivant dans le parc. Il a 39 ans, 4 épouses, 4 autres mâles à ses côtés (ceux qui ont les poils du dos blancs, les dos-argentés) et une ribambelle de gorillons, une dizaine environ. Le plus jeune ayant 3 mois.
 
C'est avec ces informations que nous avons repris la voiture, pour atteindre le pied du volcan Muhabura, celui qui héberge la famille Kwitonda. Les 25 minutes de routes ont été un supplice pour la voiture, le chemin était composé de grosses pierres volcaniques (très noires) et était creusé à cause du ravinement de l'eau de pluie. Pas de boue, mais ce n'était guère mieux. Une fois la voiture laissée, nous avons commencé à gentiment marcher entre les champs de pommes-de-terre que l'on dit délicieuses à Musanze. Un paysage très vert pointillé de pierres volcaniques. A peine quelques dizaines de mètres et nous arrivons à la lisière de la forêt, un mur en pierres nous fait obstacle. A nous ? Pas vraiment, il est là pour empêcher les gros animaux (buffles, éléphants et gorilles) d'aller se nourrir en piochant dans les champs en contrebas.
Au mur, un garde nous retrouve armé d'un fusil d’assaut kalachnikov. Les guides nous expliquent qu'il est là pour faire fuir les éventuels éléphants et buffles qui pourraient avoir envie de faire un bout de chemin avec nous. Il ne peut leur tirer dessus, il doit tirer en l'air, nous voici rassurés.  


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