L'oeil de l'éléphant

Tata somba

20:20, 20/02/2011, Tanguiéta .. 0 commentaires .. Lien
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L'entrée du tata somba Retour au Bénin avec un réveil un peu difficile tellement j'étais bien la tête dans les étoiles. La nuit dans le tata somba a été extraordinaire. Quelle sensation fabuleuse de dormir dans un tata , même reconstitué. Bien au chaud, il est difficile de s'extirper de la chambre dans laquelle nous avons dormi... il fait si frais dehors... comme la vieille c'est la douche en plein air qui nous motive. Les corps sont tellement sales et collant en fin de journée que l'on n'hésite jamais à profiter d'une bonne douche. Même si l'eau et l'air glacés sont rebutants au premier abord, la toujours extraordinaire sensation de se laver en plein air prend le dessus, un certain côté exhibitionniste au final... 


Le petit déjeuner est un mélange de traditionnel béninois et occidental. Donc au menu café lyophilisé ou thé, pain pour le côté connu et pour la découverte nous avons droit à du fromage peul et à de la bouillie. Le fromage peul ressemble, quand il est frais, à de la faisselle, il peut se manger avec un soupçon de sel ou de sucre. Une de ses préparation habituelles est en frit, cela lui changer complètement son goût qui n'est pas désagréable pour autant, il accompagne les plats en sauce à la manière du pain de manioc à d'autres endroits. Pour info je rappelle que les peuls composent une ethnie présente dans toute la partie sub-saharienne de l'Afrique (je ne vais pas trop en dire car je risque de dire beaucoup de bêtises). Ils sont généralement de confession musulmane et sont des nomades qui suivent leurs troupeaux de zébus, stop, jusque là je crois que je ne me suis pas trop trompés, vous pouvez le ressortir dans vos diners mondains sans trop de risques. Une fois le petit-déj avaler nous reprenons le 4x4 pour parcourir une petite distance, juste pour aller visiter un véritable tata somba qui appartient à un marabout/sorcier. Ce type de rencontre à été magique car même en étant tout à fait étiquetés touristes, nous avons été très bien reçus et nos hôtes ont pris le temps de nous faire visiter leur domicile tout à fait atypique et ont répondu à nos questions sur leur mode de vie. Les fétiches du marabout

Le tata somba est donc une habitation faite en terre séchée qui repose sur une charpente en bois. Le crépissage est refait entre une fois par an et tous les cinq ans. Il y a une petite particularité, on peut savoir si ces maisons sont habitées par un homme ou par une veuve avant même de frapper à la porte... comment ? Très simple... il suffit d'observer les monticules au dessus de l'entrée... que représentent-ils ? Facile... des testicules... on ne les refait pas en même temps que le crépissage, on en rajoute une couche, ce qui fait que les vieux tatas sont dominés par de très très longs monticules qui se dressent vers le ciel... sympa non ? Et donc si le chef de famille venait à mourir, on casserait la représentation de sa virilité et c'est sa veuve (qui n'est pas membrée) qui reprend le flambeau sans faire à son tour de monticule...

La concession avec les représentations des membres de la familleOn peut également savoir par qui est habité chaque tata puisque sur le « perron » on peut voir de nouveau des monticules (plus importants cette fois) qui symbolisent chaque membre de la famille. Sur la plupart d'entre eux on trouve des plumes de volailles, des restes de sacrifices procéder en hommages aux mânes. Parfois des objets appartenant aux différents membres de la familles les habillent, on y trouve un peu de tout, des petits bijoux, des pièces de métal, des chaussures en plastiques,... Les ancêtres ont également leur propre petite représentation, elles sont un peu en retrait et sont tout autant porteuses de plumes, signes de fréquents hommages. L'enceinte du tata est peuplé de ces représentations et de ces hommages. Par exemple dans la concession où nous étions il y avait une dalle tombale... qui contenant-elle ? Le boeuf préféré du marabout qui est décédé, il l'accompagnait dans ses séances de divination.

En l'honneur des ancètres

Le tata donc est fait de pièces qui communiques toutes les unes aux autres grâce à une pièce centrale que l'on peut appeler le foyer. Il y a le hall d'entrée qui a aussi une petite pièce accolée qui contient les réserves de nourritures et qui a une petit trou au fond. Ce petit trou est en fait le réceptacle des différentes céréales qui sont pilées... Au lieu de faire ça dans un récipient, c'est fait à même le sol, j'ai trouvé ça ingénieux et ça économise de la vaisselle. Une fois dans le foyer on peut voir de nombreux autres passages qui mènent aux différentes pièces : il y a des pièces fonctionnelles qui devaient servir au maraboutage (je pense) et des étages qui se situent à mi-hauteur. Pour certains il y a une échelle qui permet d'y monter, pour d'autres ces petites pièces sont en fait des poulaillers, ces pièces sont en hauteur afin d'éviter aux poussins de s'éloigner, je pense que la mère poule va directement les nourrir en ramenant la nourriture à la maison. Je crois que l'objectif est de garder les animaux à la maison afin qu'ils gardent la maison au chaud (il peut faire frais à certaines périodes de l'année). 

Après avoir emprunté une des échelle nous sommes dans une pièce à mi-hauteur qui permet à son tour d'accéder au toit. Il me semble que ces accès à mi-hauteur permettent à la chaleur de rester dans la maison car l'accès à l'extérieur n'est pas direct. Mais nous une fois dehors on peut s'étirer car le tata est bas de plafond et il faut faire attention à ne pas se cogner à la charpente. Donc une fois sur le toit on peut de nouveaux voir des pièces à l'entrée extrêmement exiguë, il s'agit des chambres de toute la famille. Et près de chacune des entrées, on trouve de nouveau de petites échelles qui permettent d'accéder au toit de ces chambres. Je ne sais pas si je suis très clair mais mon imagination m'a renvoyé à des tourelles de châteaux forts. En effet puisque les tatas sont légèrement crénelés. Sur ces « tourelles »/chambres il y a... les greniers. Il y en a à ciel ouvert pour permettre aux grains de sécher et d'autres qui ferment afin de favoriser la conservation. Ces habitations sont de véritables fermes qui permettent à toute la famille de veiller au grain... (ah ah ah). 

Donc voilà pour cette visite dans l'Atacora, au pays des tatas-sombas qui figurent au patrimoine mondial de l'Unesco. Ce fut une vraie merveille de visiter, les tatas et les baobabs se laissant deviner seulement par les ombres chinoises provoquées par le soleil levant ou couchant.

 



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