L'oeil de l'éléphant

Vice versa

17:45, 24/02/2013, Seynod .. 3 commentaires .. Lien
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J'ai un problème ! Un pas un grave mais qui est handicapant malgré tout et je ne sais pas vraiment d'où cela vient : je fais des fautes d'orthographes, et des vraiment moches ! Les lecteurs assidus du blog se sont déjà aperçu que je ne l'étais pas à ce niveau là.

C'est bizarre justement de faire autant de fautes d'orthographe. Dans l'absolu, je suis un grand lecteur depuis ma plus tendre enfance, j'ai suivi l'école assez longtemps pour que l'on puisse dire de moi que je ne suis pas analphabète. Les règles d'orthographe et de grammaire je les connais dans leur majorité et quand je lis un texte avec des fautes d'orthographe je les remarque et je trouve que cela dommage, ça décrédibilise les propos. Et malgré tout ça je fais des fautes hallucinantes !

 

L'autre jour sur Facebook je me suis relu et ai vu cette horreur : « CETTE ARTICLE »... je crois que ça se passe de commentaire. Je le sais et pourtant je ne comprends même pas comment mes doigts aient pu taper cela. Mes professeurs ont parlé de fautes d'inattention, pour sur ! Je plaide coupable, largement coupable à ce niveau là. Mais ce que je ne comprends pas c'est que je me relis, oui vraiment ! Outre le fait que je trouve cela chiant comme la pluie, j'essaye de m'y tenir. Ça n'a pas toujours été le cas, nombreuses parmi mes copies ont été rendues sans relecture.

 

Je suis à la recherche de moyens mnémotechniques (celui là, je savais déjà comment il s'écrivait) afin de ne plus oublier ces règles et je regrette de ne pas avoir été plus attentif à l'école. Je trouve que c'est difficile de s'intéresser à ces leçons quand on a qu'une dizaine d'années. Je me souviens avec horreur des leçons de grammaire, le livre hideux et les textes qui faisaient peur. Et pourtant je me souviens d'avoir étudié un passage du Seigneur des anneaux. C'était un cours sur les champs lexicaux et les adjectifs. Gimli (le Nain) faisait visiter une merveille d'architecture bâtit par son peuple, à son ami Legolas (l'Elfe). La description y était dense et riche et pourtant, la seule chose dont je me souviens de cette leçon, est la magnifique illustration d'Alan Lee qui accompagnait ce texte, même pas du sujet du cours. Je ne parviens pas à l'expliquer, inattention, immaturité,... Je ne sais pas, probablement les deux.

photo en première page de google image quand on tape collège le semnoz

Si vous tapez "collège le semnoz" sur google image, vous verrez cela sur la première page, saurez-vous me retrouver ?

 

Il y a aussi une personne à laquelle je ne peux m'empêcher de penser, c'est au professeur. J'ai eu le même professeur de français au Collège pendant 3 années, 3 sur 4 ! C'était beaucoup surtout que sans être un mauvais prof il n'était pas du tout bon pédagogue. Je me rappelle de ma rentrée en 6ème, c'était sa première année au collège à lui aussi. Il nous avait sorti un magnifique « moi, j'ai été professeur en université et je n'ai jamais eu d'élèves aussi jeunes et ça ne m'intéresse pas ». Je me souviens de ce discours, extrêmement décourageant pour un élève et pourtant, je sais qu'aujourd'hui encore il enseigne toujours dans ce même collège, et cela va faire 20 ans ! J'espère de tout mon cœur qu'il a changé son approche.

 

Par contre, là où je lui en veux vraiment, c'est qu'un jour, en 5ème ; ma façon d'écrire ne lui convenait pas. A cette époque j'étais plutôt fort en maths avec plus de 15 de moyenne, alors que j'avais aux alentours de 11-12 en français. Il m'avait alors annoncé que je ne serai jamais capable d'aligner correctement trois mots par écrit et que je ne serai jamais un littéraire... Comment peut-on oser dire un truc pareil à un gamin qui, sans être bon, est loin d'être mauvais ? Je me souviens encore de ses paroles parce que j'avais fini par les faire miennes, je n'étais pas un littéraire et n'en serai jamais un. Il valait mieux que je me consacre aux maths (ce qui est complètement con car cela revient à dire que les matheux ne savent pas parler ou écrire correctement). J'étais mauvais en français, c'était normal, j'ai donc arrêté de réviser activement cette matière puisque de toute façon je n'étais pas fait pour ça.

 

Comme il s'est trompé ! Comme il m'a trompé ! Mettre un gosse influençable dans une case !, dès l'âge de 12 ans ! Les cours de français occupaient 5 heures dans l'emploi du temps, chaque semaine 5 heures c'est long. Le français est trop important et à cet âge là, les années sont longues... interminables... Je me souviens du calvaire d'aller en cours, déjà que l'adolescence n'est pas la meilleure partie de la vie (pour moi, de loin la pire) si en plus on ne peut compter sur les adultes dits « référents », le quotidien peut vite virer au supplice.

 

Au final il n'a peut être pas tellement influé sur ma trajectoire de vie, j'ai réussi correctement un Bac Eco, plus honorablement ma licence d'Histoire (matière littéraire manifestement) et brillamment mon Master 2 (mention bien), toujours en Histoire. Les commentaires positifs du jury ont été : « nous avons beaucoup aimé votre façon d'écrire votre mémoire, c'était rafraîchissant au milieu des autres ». Avec un commentaire comme celui là, ma première pensée est malheureusement allé vers ce professeur de français. Mais oui, finalement il avait tort, à 24 ans j'avais tué le « père » et m'étais émancipé de cette phrase prononcée plus de 10 ans plus tôt : « tu ne seras jamais un littéraire »...

 

Mais si je fais des fautes d'orthographe ce n'est pas de sa faute, ça c'est sur.

 

 

Ps : ce matin dans un article (c'est ce qui m'a inspiré l'article en fait) j'ai lu ces mots : « vice versa ». Vous saviez vous que ça ne s'écrivait pas : vice ET versa ?




"Tout était dit"

17:18, 17/02/2013, Afrique .. 0 commentaires .. Lien
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J'ai envie d'écrire aujourd'hui, mais je ne sais pas sur quoi. Le temps... mouais, la politique... hum inutile et lassant, Jean-Jacques Goldman... ouais mais je ne sais pas si ça va intéresser grand monde. De moi ? c'est un peu comme pour Goldman. Parler du boulot ? Oh... je peux bien en dire deux mots : on va bientôt ouvrir notre section française à la bibliothèque publique de Kigali. C'est passionnant de faire ce travail même si ce n'est pas facile tous les jours.

En vérité, je vous le dis, il est tellement plus facile d'être un simple employé, de ne pas faire de propositions, de ne pas prendre d'initiatives et de simplement suivre. Je me rends compte à quel point les responsabilités sont sources de stress. Et encore !! je suis simplement responsable d'une médiathèque qui a deux employés (moi inclus). Ce que je vis actuellement, me rappelle un sentiment qui m'a envahit par deux fois dans ma vie. La première c'était en septembre 2009. Je l'ai ressenti plusieurs fois en quelques jours. La première c'était dans le train qui m'amenait à Paris, je prenais l'avion pour aller à Bangui. Là j'ai senti une réelle mise en danger, les responsabilités d'avoir fait un choix. Les phrases et les questions qui me venaient à l'esprit étaient : « mais pourquoi fais-tu ça ? », « que vas-tu chercher ? », « ne serais-tu pas mieux à rester chez toi ? »... Cela me l'a refait à un autre moment dans l'avion et puis l'excitation a pris la place, puis la fatigue. Je volais de nuit et après avoir survoler Paris et ses lumières, il n'y avait plus grand chose à voir par le hublot. J'ai finalement atterris, le mouvement et la foule à l'aéroport ne m'ont pas permis de vraiment mesurer ce qu'il se passait. J'ai suivi le flot. Un collègue est venu me chercher et j'ai continué à suivre. Nous avons pris un petit-déjeuner, réaliser quelques formalités et on m'a déposé chez moi. Mon nouveau chez moi, pour au moins un an. Là de nouveau ce sentiment m'a pris. De nouveau ce sentiment de mise en danger mais aussi de peur.

J'étais dans ce nouvel appartement poussiéreux car personne n'y avait habité depuis longtemps, emplie une forte odeur d'humidité. Dans ce nouvel appartement j'étais en train de mettre mes draps sur un matelas en mousse bouffé et presque moisi, je cherchais un moyen de mettre ma moustiquaire et là, j'ai ressenti un très fort sentiment de solitude et d'abandon (de qui ? du monde entier je suppose). Et puis je suis allé de l'avant, j'ai pris mon courage à deux mains et je suis sorti dans la rue, j'ai affronté ce monde nouveau autour de moi, j'ai affronté le soleil, j'ai marché sur l'avenue Boganda vers un supermarché pour acheter de quoi me débrouiller, de quoi nettoyer, de quoi m'approprier ce nouvel univers que je découvrais. J'étais très fier de moi, d'avoir posé le pied dans la rue, seul, quelques minutes seulement après avoir été laissé seul. Cela reste un des plus beaux moments de ma vie d'homme. Je m'affranchissais de ma peur et décidais d'affronter ce continent, j'ai eu l'impression d'être un conquistador à l'armure brillante qui s'avance dans la jungle effrayante et agressive. Vraiment, ce jour là je me suis senti courageux.

Deux ans plus tard j'ai ressenti de nouveau un sentiment puissant, proche d'une colère envers moi-même. C'était en novembre 2011, j'étais dans l'avion qui m'emmenait à Kigali et je me suis dit « alors tu y retournes », « mais qu'est ce que tu as besoin de recommencer ça », « une fois cela ne te suffit pas ? ». Je repartais pour l'inconnu et je le faisais une nouvelle fois seul. Malgré tout, ce sentiment est resté moins longtemps en moi que deux ans auparavant. Ça a été encore fort quand j'étais dans ma toute petite chambre à Kiyovu. J'essayais de l'aménager du mieux que je pouvais et j'arrangeais le drap deux places autour du matelas une place. Ce sont des sentiments qui restent, l'impression de se faire le touriste de sa vie, de voir qu'elle nous mène à tel ou tel endroit et de se dire mais pourquoi ? comment me suis-je de nouveau retrouvé dans cette position inconfortable de devoir affronter la nouveauté, l'inconnu et un tout autre univers.

 

Ces deux moments de ma vie sont très importants, surtout que je ne les regrette pas à un seul moment. J'ai fait ces choix en mon âme et confiance (oui, c'est fait exprès) et il m'ont permis d'être l'homme que je suis aujourd'hui, celui qui se regarde dans la glace en se disant que ce n'est pas si mal. Dans ces moments là, je me fais l'impression d'être le lecteur du livre de ma vie, et je meurs d'envie d'avancer de quelques chapitres pour voir la portée des choix que j'aurais fait...




Save me

10:12, 23/11/2012, Karongi .. 3 commentaires .. Lien
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NOTRE PERE

C'est donc au tout petit matin que nous sortons de notre torpeur pour nous diriger vers la grand' rue de Karengera. Là nous apercevons le bus qui attend le réveil du chauffeur et 6h pour partir. Nous nous installons à l'avant pour être sur de bien profiter du paysage et à 6h30, le car s'ébroue. Les premiers kilomètres se passent bien, heureux que nous sommes de ne pas faire à pied chacun des tours de roues. Les cahots du chemin ne sont pas trop confortables pour nos muscles déjà endoloris mais nous attendons patiemment d'arriver à destination. Les paysages sont très beaux, vraiment nous sommes gâtés, mais pour mieux les observer le car monte, monte et monte encore. Tant est si bien que mon voisin m'apprend que la portion de route que nous empruntons est surnommée « notre père qui est aux cieux ». Nous nous posons alors la question de savoir si cela est une référence au sens propre, ou au sens figuré. Car cette route monte en effet mais elle est aussi au bord d'un ravin et elle semble plutôt périlleuse. A chacun son interprétation.

 

LE BOUT DE LA ROUTE

C'est après quatre heures de cahots ininterrompus que nous arrivons en vue de Kibuye. Là, à quelques kilomètres du centre-ville nous prenons un nouveau bus, direction Kigali. Dans notre descente sur la ville le bus roule vite, très vite même. Si bien qu'à un moment un motard qui venait en sens inverse est obligé de faire un écart pour l'éviter. On ne sait pas ce qui lui est arrivé mais un peu plus tard, en contrebas, nous avons aperçus un regroupement de gens qui regardait au loin. Que regardaient-ils ? L'endroit exacte où nous avions croisé le motard, d'autres accouraient. Je crains qu'il lui soit arrivé quelque chose. Mais nous ne le saurons pas. Ce qui me choque le plus dans cette histoire c'est que le chauffeur n'a même pas eu l'air de remarquer ce qu'il s'est passé. C'est sur ces pensées que nous sommes rentrés à Kigali pour trois nouvelles heures de route, mais de route goudronnée plus agréable.

 

Finalement notre aventure aura duré un peu plus d'une cinquantaine d'heures, ce n'est pas si mal. Nous en gardons un excellent souvenir et beaucoup de rigolades, peut être nerveuses. Nous ne savons pas si nous repartirons ensemble de si tôt mais ce que nous savons c'est que l'on préparera peut être un peu plus notre prochaine expédition.

 

Ps : avez-vous fait attention aux titres des ces articles ? IL y a une logique, quelqu'un l'a trouvé ?




Explorers

08:28, 22/11/2012, Karengera .. 0 commentaires .. Lien
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CHEMIN FAISANT

Cette heure avant notre prochaine étape pour la nuit ne dura pas moins de trois heures. Trois heures pendant lesquelles nous espérions apercevoir le panneau salvateur à chaque recoins de colline. Ce fut peine perdue. A un moment, juste quand un virage a ouvert sur une nouvelle vallée et que s'écartait la possibilité de trouver le refuge tant espéré à proximité, l'un de nous (c'était moi) s'est écrié que s'en était trop. Nous nous sommes assis à même le sol pour reprendre un peu nos esprits et réfléchir plus posément à la suite à donner à notre aventure. Nous décidâmes (apparemment l'un d'entre-nous avait déjà choisi) que cela s'arrêterait ici, les pieds nickelés n'iraient pas plus loin, ils avaient fait assez de mal à leur corps. Nous avons étudié les possibilités de prendre des taxis motos (qui passaient de temps en temps sur notre chemin) pour rejoindre le prochain camp de base, voir directement Kibuye (que nous étions naïfs). Finalement après avoir interrogé quelques personnes, nous apprenions qu'il y avait, pas très loin de nous, un endroit prévu où nous pourrions installer notre tente. Alors nous nous sommes remis en route pour atteindre ce village plus important que les autres. Rasséréné par les encouragements des gens avec qui nous avons discutés.

 

Ce chemin fut long, très long. Autant j'aime bien voir les collines, autant quand nous sommes dessus et que nous marchons, la géographie est quelque peu décourageante. Pas que le dénivelé soit si important (quoique) mais lorsque l'on en contourne une, de nombreuses autres se dressent sur notre chemin. Du coup, point de trajet en ligne droite, nous subissions la topographie jusqu'à voir la route se scinder en deux routes, une qui montait et une autre qui continuait à plat. Nous interpellâmes quelques badauds qui nous indiquèrent extrêmement gentiment la route à suivre. Une professeur nous dit que le collège que nous cherchions (qui est celui dans lequel elle travaille) nous accueillera (comme il accueille tous les randonneurs de ce Trek) très chaleureusement, même pas besoin de planter la tente, nous dormirons dans de véritables lits. S'en est presque trop pour nous. Elle nous indique donc l'école en nous annonçant qu'il reste deux kilomètres à marcher, elle se reprend aussitôt devant nos yeux plein de désespoir, « euh, peut être qu'un kilomètre ». Ouf... Ces derniers kilomètres (parce qu'ils étaient plus qu'un !!) furent quasiment nos plus difficiles. Nous avions notre étape du soir en ligne de mire mais celle-ci se trouvait en hauteur. Je nous suis fait l'impression d'être des coureurs cyclistes à qui l'on impose des arrivées en altitude, juste pour le plaisir de les voir souffrir encore un peu après avoir déjà roulé plus de deux cents kilomètres. Il était dit que nous devions mérité cette étape.

 

ARGHHHHHHHHHHHHHHH

Dans le collège de l'ADEPR (établissement privé d'obédience évangélique) qui est une étape officielle de ce Trek, nous sommes accueillis et traités comme des rois. Au programme on nous prépare des chambres, on nous demande si nous souperons et on nous fait chauffer de l'eau pour une douche !!! Une douche chaude !! nous croyons rêver. Quelques professeurs viennent nous tenir compagnie et nous présente un peu ce collège qui accueille plus de mille élèves en internat. Le lieu est magnifique, cette montée valait la peine. A présent décrassés nous réfléchissons à notre passé et à notre futur.

 

DES CHAMPIONS

Après étude de la carte il s'avère que notre étape de la journée était longue d'au moins une vingtaine de kilomètres (c'était beaucoup). Si le camp de base que nous cherchions avait vraiment existé cela nous aurait épargné au moins cinq ou six kilomètres, ce qui n'est pas rien. En étudiant les guides (papiers) qui nous accompagnait nous avons donc fait en 7 heures, ce qu'ils préconisaient de faire en plus de 10 heures. La performance et l'explication sont là, nous voilà rassurés sur nos capacités car nous nous étions vraiment dits que pour faire un trek comme ça il fallait être décidément un véritable guerrier.

Concernant notre futur, c'est à l'unanimité que nous décidons de prendre le premier bus le lendemain matin pour Kibuye. Cela veut dire se lever à 5h mais ce n'est pas grave, nous serons tôt chez nous. Avant cela, nous mangeons nos réserves goulûment et à 19h c'est extinction des feux et nous nous endormons du sommeil du juste.




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12:21, 20/11/2012, Nyamasheke .. 0 commentaires .. Lien
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UN GUIDE

 

Vers les 10h30 nous casse-croutons sous un magnifique arbre fleuris de mauve et lorsque nous nous remettons en route et nous entamons une petite discussion avec un gars qui fait la même route que nous. Tous les trois en baskets et chaussures de rando, lui en souliers vernis nous adaptons nos pas. A un moment il nous invite à quitter le chemin principal pour nous aventurer à travers champs et rizière, nous le suivons avec confiance car nous apercevons la route de l'autre côté. Il s'agit d'un raccourci qui permet aux villageois de couper et de s'économiser. En dehors des panoramas sur le lac c'est probablement dans ces raccourcis que nous avons observés les plus jolis paysages.

Des petites rivières, des arbres, des champs bien cultivés, des accès au lac privilégiés et toujours autant de cris abazungu venant de partout qui nous font sourire. Nous avançons tranquillement et sereinement malgré le fait que ces raccourcis, même s'ils nous font gagner du temps, imposent des dénivelés proches de l'escalade. En plus de la grimpette nous nous essayons également à l'équilibre. En effet pour franchir des rivières il faut des ponts ; autant nous en trouvons en suivant la route, et même, certain de très bonne facture, autant lorsque nous raccourcissons, les ponts sont plus... comment dirais-je... artisanaux. Cet ainsi que nous nous nous sommes retrouvés à écarter les bras au dessus de plusieurs milliers de millimètres de vide, nos corps simplement supportés par de gros troncs lisses et glissants. Même les plus courageux d'entre-nous y sont allés prudemment, jouant ardemment de l'oreille interne pour survivre.

 

LA ROUTINE

 

Après de telles péripéties nous aspirions à un peu d'apaisement sur le chemin de notre élévation (géographique j'entends). Mais que neni, il était dit que notre Trek ne pouvait être placé sous le sceau de la routine.

Après notre premier raccourci, Cécile a senti comme une gène avec sa chaussure, il s'agissait en fait du décollement petit à petit de sa semelle de basket, sa semelle gauche (la précision est importante). Et ce qui arriva, arriva ! Dans la descente (toujours vertigineuse) de notre deuxième raccourci, c'est la semelle droite qui se détache entièrement. Voici donc notre camarade avec un chausson à son pied droit, et une basket en lambeaux à sa gauche. Ça tombe bien, il ne nous reste qu'à peine une cinquantaine de kilomètres à parcourir. Mais je rassure tous les lecteurs, Cécile n'est pas la seule à avoir subit des problèmes qui ont mis en danger notre expédition. Dimitri aussi a certain soucis avec ses souliers, enfin ses baskets pour être plus correct. Elle lui font mal, du style a créer des ampoules, elles-mêmes du genre à être plutôt conséquentes. Mais je vous rassure encore une fois, je n'étais pas en reste, autant mes pieds allaient plutôt bien, autant ce n'était pas le cas de mon dos. Sur tout le parcours j'ai souffert le martyr (oui-oui), je me suis révélé incapable de régler correctement mon sac-à-dos et là j'ai commencé à voir la faiblesse de notre civilisation (pas moins). Le sac était trop perfectionné et les multiples réglages qu'il proposait m'ont perdu. A chaque fois que je touchais un réglage pour soulager une partie de mon dos, la douleur ne faisait que se déplacer.

Pour résumer, notre routine s'est avérée faite de douleur, de souffrance, de cris, de hurlements et je vais m'arrêter là pour ne pas revivre cette expérience délicate, qui m'arrache de nouveau quelques larmes, rien que d'y penser.

 

DES GENS TRES SYMPATHIQUES

 

A un moment, nous avions faim, plutôt très faim et il nous était très difficile de trouver un endroit où nous installer sans être entouré de gens. Il faut savoir qu'au Rwanda, manger dans la rue ou devant des inconnus n'est pas très poli. Ça on le savait et on voulait s'installer dans un coin où notre impolitesse ne choquerait pas trop. Ce fut quasi mission impossible et à 13h30, alors que la faim nous tenaillait les entrailles depuis déjà de longues heures, nous fumes obligés de nous arrêter et de nous asseoir sur un petit muret, à la vue et au sus de tous. Voilà à quoi nous étions réduits, esclaves de nos plus bas besoins.

Une fois rassasiés nous nous sommes remis en route. Nous avions croisé notre dernier point de repère cartographique et estimions qu'il ne nous restait qu'une toute petite heure de marche avant d'arriver au camp de base. Comme je l'ai souligné il y a quelques lignes, notre chemin a été rythmé par les cris des enfants qui venaient de toutes les collines surplombant la route, certains d'entre-eux couraient même pour aller à notre rencontre. De temps en temps quelques adultes nous saluaient également, nous demandaient où nous allions et nous encourageaient à tenir bon. C'était plutôt agréable, même s'il est vrai que plus nous marchions, moins nous étions loquaces et devions même avoir de drôles d'airs. A tel point que certaines personnes nous demandaient si nous étions fatigués, apparemment nous ne portions pas les stigmates de la fatigue. 

Vous trouverez quelques photos : http://www.flickr.com/photos/sincamile85/sets/72157632053534249/




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