L'oeil de l'éléphant

Survival

13:36, 19/11/2012, Nyamasheke .. 0 commentaires .. Lien
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INSTALLATION ET PREMIER DEPART

Arrivé dans un petit coin de verdure à Nyamasheke, tout au sud du lac Kivu, nous installons notre tente en apprenant que pour les 20 000 FRW (pour nous tous) nous disposons de toilettes, d'eau courante et d'un petit abri. Ravi de ces conditions, mis à part des premiers problèmes avec notre réchaud à pétrole, nous nous endormons tôt, à l'abri et motivé pour la journée du lendemain demain.

A 5h45, les randonneurs que nous sommes se réveillent, telles de petites fourmis habiles et agiles nous nous attelons à chauffer de l'eau (qui ne bouillira jamais), faire un brin de toilettes, petit déjeuner, ranger la tente, laisser propre derrière nous et nous nous mettons en marche. Il est 7h10, nous avons pris un peu plus de temps que prévu mais c'est pas mal. Nous marchons 30 mètres et là, Cécile nous annonce que quelque-chose s'est renversé dans son sac, étant donCa sent le pétrolené qu'elle porte le réchaud nous pensons tous au pétrole. Ça ne manque pas et le dos de notre camarade est trempé, nous retournons donc à l'hôtel pour faire un peu de nettoyage et pour finalement se séparer du réchaud en faisant une croix sur le thé chaud et sur quelques soupes et nouilles pour nos repas du soir. Cette magnifique et enivrante odeur de pétrole nous suivra (surtout Cécile) tout le long de notre parcours.

 

DEUXIEME DEPART

Ayant vu un panneau indiquant le « Congo Nile Trail » juste avant notre camp, nous poursuivons cette route là. Comme il avait un peu plu cette nuit le chemin en terre que nous empruntons est boueux mais pas seulement, il ressemble à une magnifique patinoire, mais une belle, faite pour le patinage de vitesse, presque complètement lisse et uniforme.Rainin in Paradise, c'est donc à toute petite vitesse et à pas mesurés que nous avançons très prudemment. Après une quinzaine de minutes de cette cadence, le chemin s'améliore peu à peu, un habitant nous croise et nous demande où nous allons comme ça, orgueilleusement je lui réponds « Kibuye » (à 60 kilomètres de là, au nord). Dans un Kinyarwanda (langue du Rwanda) excellent il nous fait comprendre que ce n'est pas trop la direction, dans un Kinyarwanda ridicule je lui demande par où il nous faut passer, il nous montre alors la route d'où nous venons. Une rapide observation des lieux s'impose et Dimitri observe très judicieusement que le lac Kivu se trouve à notre gauche et à notre droite, dans le meilleur des cas nous nous trouvons dans un bras de terre. Nous rebroussons chemin et retraversons avec presque plus de dextérité la patinoire qui n'a pas fondu entre temps. Nous remercions chaleureusement notre guide qui nous a évité une trop grande perte de temps.

 

TROISIEME DEPART (et dernier départ de la journée)

C'est à 8h que nous passons devant notre camp de base et posons le pied sur une route fraîchement goudronnée. Cette route est construite par les chinois pour rejoindre les villes de Cyangugu et de Kibuye à terme. Elle sera notre support pédestre pour quelques temps. Nous commençons vraiment. Au programme de la journée c'est une quinzaine de kilomètres, parmi les plus beaux de tout le Trek apparemment. La météo de la matinée : temps gris, pluie fine, température fraîche mais idéale.

Les mètres et le temps s'égrainent sous nos pas, les abazungus (appellation des étrangers) scandent notre marche. Tout le long de cette route bitumée nous rencontrons les différentes étapes de la fabrication du macadam, du terrassement, du nivellement,... La matinée va se passer ainsi, tranquillement, les sacs se faisant lourds mais nous restons stoïques et nous allons à la rencontre de nos points de repères les uns après les autres.

Sud-Kivu     




Madness

12:40, 11/11/2012, Nyungwe .. 0 commentaires .. Lien
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IL ETAIT UNE FOIS...

Trois amis avaient décidé de visiter un pays qu'il ne connaissaient pas bien, surtout pour deux d'entre eux. Encore jeunes et animés d'une fougue viscérale ils programment un TREK. Quel mot mystérieux, rempli de promesses d'aventure et de découvertes. Un Trek, il n'y a que les warriors qui sont capables d'en faire. Un Trek, ça fleure bon le couillu et l'ovarienne, ce sont des gens plein de courage, d'abnégation, de stoïcisme. Ce sont des gens sains, de ceux qui t'invitent à des apéros dînatoires (j'adore ça, surtout quand y a des carottes crues qu'on peut tremper dans du guacamole « fait maison » et du saucisson) ; ce sont des gens qui te montrent leur superbes photos de paysages, qui te racontent leurs mésaventures face à des animaux dangereux ; qui t'expliquent que prendre un café chaud, à la sortie de la tente, devant un lever de soleil magnifique ça n'a pas de prix. Et bien, on voulait en être !! Et on avait les moyens parce qu'à quelques dizaines de kilomètres de chez moi y a ce qu'on appelle le Trek Congo-Nil. C'est très simple, ça se trouve au bord du lac Kivu, vous savez cette région du monde où y a eu plus de 6 millions de morts depuis 20 ans (et ça continue encore aujourd'hui), mais ceux (trop peu) qui en parlent ne sont guère écoutés alors on oublie. Et puis comme nos pays y font des affaires, on se tait, ça serait dommage de perdre de l'argent facile, surtout en ces temps de crise (la fameuse). Et puis, François Mitterand l'a dit il y a déjà bien longtemps, « un génocide dans ces pays-là, ce n'est pas si important » dans Le Figaro, 12 janvier 1998, propos reportés par Patrick de Saint-Exupery (lire ici).

(http://fr.scribd.com/doc/12698597/FranceRwanda-Un-genocide-sans-importance-Le-Figaro12-Janvier-1998). Bref...

 

THE TREK

Donc nous voulions faire ce Trek qui s'étend entre les villes de Gisenyi (côté Rwanda au nord du lac Kivu) et Cynagugu (toujours côté Rwanda mais au sud du lac). Respectivement, les voisines congolaises sont Goma et Bukavu. Ce Trek fait 227 kilomètres et relie (plus ou moins) les deux bassins de deux fleuves mythiques, le Congo et le Nil. Il est prévu sur 9 jours de marche. Je vous rassure ce n'est pas ce que nous avons fait. Nous avions prévu de faire la première moitié, nous le prenions à l'envers et devions remonter sur quatre jours. Après étude du parcours, nous avons décidé de squizzer la première étape car il s'agissait de marcher le long de la route goudronnée entre Cyangugu et Nyamasheke alors on a décidé de partir directement de cette dernière ville pour ensuite rejoindre Kibuye, au milieu du parcours originel, ça fait quand même une soixantaine de kilomètres, donc pour un premier Trek c'est pas si mal.

Mais avant de commencer cette expédition nous avions prévu de passer par la forêt de Nyungwe. Il s'agit d'un espace entièrement préservée des activités humaines. Il s'agit d'une des plus grande forêt tropicale de montagne au monde. Et bien nous, on voulait y passer, y dormir et y faire un petit trek pour aller voir les singes et les oiseaux.

 

LES « PIEDS NICKELES »

Comme on voulait faire un superbe séjour nous nous sommes organisés la vieille de notre départ. A notre décharge faut dire que la veille et l'avant veille nous étions super occupés à regarder des animaux sauvages vivre dans le habitat naturel, donc ça excuse pas mal de chose.

Nous avions une tente, des sacs de couchages, des matelas de camping, des sacs à dos de compèt', on a prévu de la nourriture (des trucs légers), un peu d'ustensiles, de l'eau, quelques vêtements de rechanges, un réchaud à pétrole (première erreur) avec du pétrole en réserve et des chaussures, chacun les siennes. Pour moi, de belles chaussures de rando (un truc sérieux), pour Cécile et Dimitri des baskets pour courir (deuxième et troisième erreur). Et on prend un peu d'argent (quatrième erreur), on prévoit nos billets pour le bus et tout roule. Nous partons, dimanche matin à 9h30 de Kigali pour être à 14h à Nyungwe et profiter de la forêt et de son ambiance, paraît-il exceptionnelle.

La route se passe super bien, il fait beau, il fait bon on profite des paysages jusqu'à l'entrée dans le parc de Nyungwe. Là nous rencontrons une magnifique pluie, en même temps quand on entend forêt tropicale de montagne, on se doute bien que la crème solaire est pas l'outil le plus indispensable. Nous descendons du bus et courons nous mettre à l'abri à l'entrée du parc. Là les guides sont sagement abrités dans leur bureau et ne daignent pas se mouiller pour nous accueillir, tant pis, c'est nous qui courrons entre les gouttes. Là, dans un français excellent, ils nous apprennent que 1. nous avons le droit de manger comme des clochards devant tout le monde et 2. ils nous annoncent les prix... 30 $ pour avoir une place où planter la tente (par personne) et après c'est au minimum 40 $ (toujours par personne) pour faire un trek, avec l'éventualité qu'il continue de pleuvoir à verse (et donc pas de guide)… quelques minutes de réflexion nous font pencher vers la solution de fuir au plus vite cet endroit et de commencer dès le lendemain le VRAI Trek, celui où s'il pleut, nous ne pouvons pas abandonner.

 

En la faisant courte, nous essayons de se faire prendre en stop par des bus ou des voitures (ceux-ci sont toujours plein dans le sens qui nous intéresse et vides dans le sens opposé), comme il pleut toujours des seaux nous décidons de remonter la route vers un abribus que nous avions aperçu (à 400 mètres selon un guide) et plus de 400 mètres plus tard, nous faisons demi-tour et décidons d'appeler un taxi (et bim pour le portefeuille) pour qu'il nous amène à notre campement, pour qu'ainsi le jour 3 de notre Trek se transforme en jour 1.




Taizé à Kigali

17:16, 22/09/2012, Kigali .. 0 commentaires .. Lien
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Oui c'est possible !! Et ça le sera pour le monde entier dès le 14 novembre de cette année.

Mais qu'est ce que Taizé ? C'est tout d'abord un petit village près de Mâcon (quelques dizaines de kilomètres de Lyon), en France. C'est à cet endroit que Frère Roger a fondé la communauté. Suisse de naissance, il s'y est installé en 1940 au début de la seconde guerre mondiale pour « construire une vie commune dans laquelle la réconciliation selon l’Évangile serait une réalité vécue concrètement ». Cette communauté n'a cessé de grandir depuis et elle compte aujourd'hui une centaine de frères. Alors vous allez me dire que les bondieuseries (notamment en ce moment, fin septembre 2012) ça va bien. Oui, sauf que justement, cette communauté est œcuménique, c'est à dire qu'il est possible d'y venir et d'exprimer sa foi quelque soit sa religion. Forcément comme Frère Roger est chrétien (protestant d'origine), il est plus facile pour les chrétiens de s'y retrouver, qu'ils soient protestants, catholiques ou orthodoxes.

 

Frère Roger s'est tourné vers les jeunes, et aujourd'hui ils viennent du monde entier au sein de la communauté pour prier, méditer, réfléchir et échanger entre eux. Le principe est simple, la journée est rythmée par trois célébrations, autour des trois repas. Trois célébrations par jour !!! Jeune garçon de 15 ans, je ne faisais pas le fier. Une plaie... n'y voyant que la prolongation de nos messes dominicales j'ai été refroidi aussitôt arrivé. Mais la magie a opéré, et ce dès la première prière commune.

 

Lors des célébrations, tous les visiteurs viennent à l'église et s'assoient à même le sol, incliné vers la nef, ou sur des petits tabourets caractéristiques. Là, nous attendons que l'ensemble des frères présents à Taizé s'installent dans le cœur de l'église. On regarde, curieux, peu de discussions, beaucoup de monde a les yeux fermés, la méditation commence.

Un nombre s'affiche alors sur des panneaux analogiques disposés dans toute l'église, les habitués ouvrent le carnet que l'on trouve à toutes les entrées et là les chants commencent. Et surprise ! on chante non pas en français, non pas en latin, mais ce premier chant est en espagnol ! Pendant plusieurs minutes nous répétons ces phrases simples sur un air tantôt joyeux, tantôt mélancolique. Le nombre sur le panneau disparaît et cela va marquer la fin de ce premier chant qui aura duré quelques minutes. Une fois celui-ci terminé, un nouveau nombre s'affiche et nous entamons alors un nouveau chant. Celui-là pourra être en anglais, en latin, en hébreux, en portugais, en italien, en swahili, ou en n'importe quelle autre langue parlé par au moins un chrétien. Des lectures des Evangiles, de psaumes ou un message simple d'un frère rythment les célébrations, les prières et les messes. En dehors de ces rendez-vous, les permanents (religieux ou non) de la communauté organisent le quotidien. Ils s'occupent de faire les repas et la vaisselle (pour 40 000 personnes au moment de Pâques ça fait pas mal de pommes de terre), de nettoyer les sanitaires (ce que nous avions fait avec Guiton et Gaëlle lorsque nous y avions passé une semaine), organiser les réflexions sur les textes spirituels le matin, animer les rencontres entre les visiteurs (les carrefours) l'après-midi pour parler de la foi au quotidien, ou d'autres questionnement, pas nécessairement ayant trait à la religion d'ailleurs. Après la prière du soir, nous nous retrouvons en général dans un endroit appelé l' « Oyak » où quelques guitaristes mettent l'ambiance, bien loin des « Kumbaya » et des « Jésus reviens » ; plus près de chanteurs comme Bob Marley.

 

J'y suis allé la première fois quand j'avais 15 ans et les quatre années qui ont suivis, que ce soit pour un week-end ou une semaine. Étudiant à Aix-en-Provence pendant quatre ans j'ai un peu déserté Taizé mais en terminant à Lyon j'ai eu l'occasion d'y retourner une paire de fois. Mais avec mon expatriation à Bangui, puis à Kigali, cela fait maintenant plus de trois ans que je n'y suis pas retourné. Mais la visite providentielle de Frère Luc sur mon lieu de travail m'a permis de reprendre contact avec cette communauté qui m'est si chère.

 

Des rencontres de la jeunesse ont lieu partout dans le monde. Chaque année en Europe, au moment du nouvel an, les rencontres permettent à plus de 30 000 jeunes de se retrouver dans une grande ville. Elles se déroulent sur les autres continents à des fréquences irrégulières. En Afrique, la dernière (et seule pour le moment) à eu lieu à Nairobi, au Kenya, où vivent certains frères de manière permanente. La prochaine va avoir lieu à Kigali, du 14 au 18 novembre 2012. C'est une chance incroyable pour moi (pas que, évidemment) car en plein questionnement spirituel depuis plusieurs années déjà, ces rencontres sont une occasion de renouer avec ma foi.

Ces rencontres hors d'Europe s'intitulent « Pèlerinage de confiance sur la Terre ». Plus de 6 000 jeunes sont attendus et l'équipe est en place depuis quelques semaines pour s'occuper de l'aspect logistique, pour le logement notamment l'entraide fonctionne bien car ils dormiront chez les habitants des paroisses de Kigali et de ses environs. De l'entraide oui, mais il faut la coordonner.

 

Ce qui me plaît à Taizé c'est cette ouverture sur la jeunesse et les aspects de réflexion et de méditation qui permet à la communauté d'être en phase avec le monde d'aujourd'hui. Les frères de la communauté de Taizé viennent du monde entier, lorsqu'ils sont en France, le français n'est pas forcément la langue la plus parlée et cela fait tant de bien de pouvoir sentir que nous faisons tous partie d'un même monde. Le silence a une place à part entière dans les prières et dans les célébrations, il n'y a pas non-plus de dogme, pas de chichi, pas de protocole. A Taizé on vient comme on n'est et on en repars toujours un peu changé.

 




Digressions sur Le silence [...]

18:49, 20/08/2012, Monde .. 0 commentaires .. Lien
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Le livre que je viens d'emprunter à la bibliothèque de l'Institut français du Rwanda a pour titre Le silence de la forêt. Il a été écrit par Etienne Goyémidé, un des écrivain centrafricain parmi les plus connus. Ses livres sont étudiés pour le bac de français. L'ironie veut que j'ai attendu d'être au Rwanda pour enfin trouver un exemplaire, rupture d'édition. Aucun éditeur ne veut le réimprimer, du coup les écoliers centrafricains étudient un livre pour le bac qu'il leur est impossible de trouver ; et cela dure depuis plusieurs années déjà... Cela se passe de commentaires.

 

En bon lecteur je me suis installé sur la terrasse de notre maison dans un canapé confortable. Fin de saison sèche, le soleil est plongeant en cette fin d'après-midi. Dans mon sofa je lui fais face et il me réchauffe beaucoup.

En bon bibliothécaire je lis minutieusement la quatrième de couverture. J'apprends que M. Goyémidé est l'actuel directeur de l’École Normale d'Instituteurs (ENI) de Bangui (la capitale de la République centrafricaine). Quand j'y étais (en Centrafrique) entre 2009 et 2011 M. Goyémidé était décédé et l'ENI était à Bambari.

En bon ancien résident de la RCA j'ai cherché la date de publication du livre et la trouve à la toute dernière page : « mars 1984 ». Ce livre est plus vieux que moi. Il a près de 30 ans et en 30 ans en RCA, l'ENI a déménagé, M. Goyémidé est devenu un auteur reconnu dans son pays (puisqu'il s'agit de son premier livre et que le second Le dernier survivant de la caravane est également étudié à l'école centrafricaine (il est lui aussi en rupture d'édition je vous rassure). Cela me rappelle qu'en 2010, l'Alliance française de Bangui avait organisé la lecture à voix haute de certains extraits de ce livre, un pianiste jouait l'accompagnement musical. Je m'en souviens comme d'une très bonne initiative malgré un texte flou et compliqué, pauvres écoliers m'étais-je alors dit.

 

Comme vous le savez la dernière page d'un livre se trouve juste avant la troisième de couverture. Et comme vous le savez également, dans les livres de bibliothèque on trouve généralement une petite fiche - système Browne ;-) - sur laquelle on peut voir toutes les dates de retour de prêt du livre que l'on a entre les mains. J'avais déjà « tiqué » en regardant le tampon présent sur le livre : Bibliothèques – Centre d'échanges culturels franco-rwandais (CECFR), l'ancien nom de l'Institut français du Rwanda (IFR). Les choses évoluent.

Et donc, sur cette troisième de couverture je peux voir 14 dates de retour de prêt . La plus ancienne date de juillet 1986. La plus récente est le 24 juin 2006, ce n'est pas très récent mais cela s'explique. En effet, entre l'automne 2006 et novembre 2009 les relations diplomatiques entre la France et le Rwanda étaient rompues. Le CECFR a donc lui aussi fermé ses portes et les livres présents à la bibliothèque sont restés en sommeil. Aujourd'hui la bibliothèque de l'IFR n'a pas encore ouverte et les livres sont toujours en attente dans les anciens locaux. Mais là n'est pas encore le sujet auquel je souhaite parler mais justement on y arrive.

 

Entre ces 20 années d'existence en tant que livre de bibliothèque, il y en a une qui m'a sauté aux yeux. Le livre a dû être rendu le 05 avril 1994. 05 avril 1994, 5 avril 1994, avril 1994, 1994... à Kigali... au Rwanda. Quelqu'un a lu ce livre juste avant le commencement du Génocide rwandais. Un rwandais, un étranger ? Je ne sais pas. Quelqu'un la rendu juste avant la date fatidique du Coup d’État du 6 avril 1994. La vie était donc normale juste avant qu'elle ne bascule. Ça paraît stupide comme remarque, ça l'est très certainement d'ailleurs, elle n'en reste pas moins une lapalissade (voir article Wikipedia qui est assez intéressant). Mais oui, la vie poursuivait son cours, malgré de nombreux signes et la montée des tensions, la bibliothèque du CECFR fonctionnait, elle avait des lecteurs, du personnel. Comment ont-ils vécu le début des massacres ?

Cette date m'intrigue vraiment, qui était le lecteur de ce livre ?, qu'en a-t-il pensé ?, l'a-t-il terminé ? Est-il encore possible de le croiser dans les rues de Kigali ? A-t-il survécu au Génocide ? Etait-il considéré comme un Tutsi ? comme un Hutu ? A-t-il choisi un camp ? Ces questions sont-elles vraiment importantes ?

Ce que cela m'évoque malgré tout, c'est qu'il m'est difficile de véritablement me rendre compte de ce qu'a pu être la vie à ce moment là. Bien que m'étant bien renseigné sur les différentes composantes du Génocide au Rwanda il y a encore d'énormes quantités de choses que je ne comprends pas et ne comprendrai jamais d'ailleurs. Il y a des faits qui m'échappent. Comment survivre à Kigali entre avril et juillet 94 lorsque l'on est considéré comme un Tutsi ? Comment réagi-t-on lorsque l'on regarde sa télévision, que l'on écoute sa radio ou bien qu'on lit son journal et que les gros titres annoncent des massacres. Y fait-on vraiment attention, réalise-t-on vraiment lorsque l'on déguste son café en planifiant ses prochaines vacances ?

 

Les Jeux Olympiques de Londres se sont terminés il y a quelques jours - à ce propos je vais digresser (encore). Comment se fait-il que 1) les JO valides et paralympiques ne se déroulent pas en même temps ? 2) pourquoi la flamme a été éteinte ? et 3) pourquoi parle-ton du fait que LE drapeau est arrivé à Rio (lieu des prochains JO) alors que dans moins de 10 jours d'autres JO vont continuer ? Cela ne choque personne ? C'est vrai qu'il ne s'agit « que » handicapés, ce n'est pas aussi bien que pour les gens « normaux » (ironie).

 

Donc, lors des JO de Londres on continuait de tuer en Syrie. J'ai alors fait le parallèle avec le Rwanda. En avril 1994 se déroulait la Coupe d'Afrique des Nations de Football se terminait et la Coupe du Monde s'est déroulée au cours des mois de juin et juillet. En a-t-on dit quelque chose ? Pendant que le Monde se rassemble devant sa télévision pour célébrer je ne sais quoi, le Monde s'oublie.

Rien qu'à voir les articles « d'analyses » des JO cette année... La rumeur sur dans les médias veut que les performances sportives de certaines équipes nationales permettent à leurs populations de faire face plus joyeusement à la « crise ». On croit rêver ! Je suis persuadé que les Syriens ont suivis les performances de leurs athlètes à Londres. De même, les chômeurs français se sentent bien mieux grâce à la « magnifique » place de la France au tableau des médailles. Et je préfère ne pas parler de toutes les « vertus » que l'on attribue au foot ces derniers temps.

 

Ce monde marche sur la tête, je ne me fait pas le chantre d'une démondialisation, je trouve au contraire que ce genre d’événements nous rapproche mais certaines « valeurs » (notamment véhiculées par les pays capitalistes) me rendent malade. Je viens de consulter le site du journal LeMonde.fr le lundi 20 août 2012 à 18h41. Aucun article sur la Syrie n'est présent sur toute la page ! Et l'article le plus partagé sur les réseaux sociaux s'intitule : « Le face-kini fait fureur sur les plages de Chine ». On croit toujours rêver !

 

Sur ce, je vais retourner à mon livre qui parle des pygmées Aka qui vivent en plein cœur de la forêt équatoriale africaine.




Ça piaffe d'impatience

17:19, 17/08/2012, Kimihurura .. 0 commentaires .. Lien
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C'est l'histoire d'un faucon, pas un bébé, plutôt un ado. Mais un jeune. Il vient de tomber du nid, du nid de ses parents même. Ses frères l'ont vu et n'ont rien pu faire. Le plus petit est accusé de l'avoir poussé, il baisse la tête, entrouvre son bec et avoue du bout du bec qu'il l'a un peu aidé à voir le sol de plus près...

Résultat une chute de plus de dix mètres... un miracle qu'il ne se soit pas retrouvé avec une aile ou une patte cassée. Il ne sait pas voler mais il a su déplier ses ailes pour au moins planer un tout petit peu pour amortir sa chute.

   

 

 

 

 

 

 

 

 

C'est Jean, le jardinier qui l'a retrouvé, au pied de l'arbre qui porte le nid de ses parents. Jean l'a alors recueilli et protégé des chats rôdeurs. Comme il ne sait pas encore bien voler et que ses parents ne peuvent le remettre à l'abri dans le nid (et que nous non plus). Jean décide alors de le garder. Mais l'oiseau apeuré est assez agressif, ses serres et son bec sont tranchants. Jean prend des ciseaux et lui coupe le bout du bec et des serres. Ainsi il ne fera plus mal, au moins pendant le temps que ça repousse.

Guillaume rentre alors et Jean vient tout de suite le voir et lui demande s'il aime les animaux. Guillaume est interloqué, il sent un peu la question piège, il attend un peu avant de répondre, réfléchit beaucoup et lâche du bout des lèvres un petit oui.

Jean lui explique alors ce qu'il s'est passé. Après un bref échange de paroles et de points de vue, les deux hommes décident d'aller acheter un peu de matériel pour lui construire une cage. Mais une grande hein !, comme ça il pourra rester près de ses parents. Ils sauront que le petit faucon est bien traité et une fois qu'il trouvera un bon usage à faire de ses ailes il pourra s'envoler et rejoindre le nid familial. Mais en attendant il faut d'abord que les deux bâtisseurs du dimanche se mettent à l'action.

 

La première cage

Un petit tour en moto plus tard et les deux compères ramènent un peu de bois et un peu de métal. La charpente est vite faite avec quatre piquets plantés dans le sol caillouteux. 4 mètres de grillage pour faire un petit cercle et 2 mètres pour faire le toit. On verra plus tard pour faire quelque chose de plus durable. Le voilà à l'abri et c'est le principal car la nuit commence à tomber et on entend déjà les chats miauler dans tout le voisinage.

 

Pour la nourriture il lui faut de la viande, pour la boisson un peu de lait selon Jean. On va donc commencer par là, Jean le prend entre ses mains, le maintient le bec ouvert et Guillaume verse le lait par petite goutte. Il faudra trouver une meilleure solution car il va pas être possible de lui donner le sein de cette façon matin et soir. On improvise alors un petit abreuvoir dans lequel on verse un peu de lait, il doit être suffisamment âgé pour boire tout seul. C'est avec satisfaction qu'on le voit ainsi baisser la tête et laper le breuvage.

 

Il va vivre ainsi une poignée de jours comme ça. Il survit, il se remplume. Dès que quelqu'un s'approche il reste craintif et s’aplatit, bec contre terre (telle une autruche). Les miettes de pain et de brioche lui font également du bien. Ça va mieux mais sa cage est petite, trop petite.

François et Guillaume décide alors d'améliorer un peu tout ça. Ils fouillent la maison pour mettre la main sur quelques planches et ce qui pourrait permettre de construire un abri un peu plus évolué, un peu plus cosy. Ils prennent deux grandes planches qui feront office de toit à l'épreuve de la pluie. Ils utilisent une petite échelle en bois pour servir de perchoir. Les piquets et le grillage, disposés en arc de cercle vont ainsi entourer son petit terrain de jeu pour qu'il puisse se dégourdir les pattes. On laisse un peu de végétation. Le reste du toit est fait avec le grillage en rabe et permettra de laisser passer un peu de soleil pour que cela le réchauffe.

Il est désormais bien installé pour les quelques semaines qu'il devrait passer en notre compagnie. En espérant qu'il sache assez vite se servir de ses ailes. Mais son premier défi c'est d'arriver à sauter du petit muret sur lequel il se trouve et atteindre son abreuvoir et les miettes de pain de mie qui l'attendent (avant même la fin de la rédaction de l'article il est arrivé à descendre). Lorsqu'il voit un de ses compère dans le ciel il piaffe à tue-tête. Ses parents se posent parfois sur les arbres environnant, ils guettent, ils observent. Moi j'ai peur qu'ils nous sautent à la gorge.

 

Et pour la petite histoire nous cherchons un prénom, moi, j'aime bien José.  

 

PS : Toujours avant la fin de la rédaction de l'article un de ses parents est arrivé avec quelque chose dans son bec (de la viande il semblerait). Le parent s'est posé juste devant la cage, le petit piaffait d'impatience devant son parent qui a malheureusement dû s'envoler sans pouvoir lui transmettre la nourriture. En tout cas, on peut se moquer mais ce qui est sur c'est que le fait qu'il soit encore proche de ses géniteurs permet à tous de "garder contact". Elle est pas belle la vie ?

 




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